Octobre 2023. Le monde du jeu vidéo retient son souffle. Insomniac Games, studio californien auréolé du succès de Marvel's Spider-Man 2, s'apprête à lancer la suite tant attendue. La première avait conquis 20 millions de joueurs (source : Sony Interactive Entertainment, rapport annuel 2022). Les attentes sont stratosphériques. Pourtant, dès les premières heures, le doute s'installe : ce nouveau volet est-il à la hauteur ?
Spoiler : oui. Mais pas pour les raisons qu'on imaginait. Là où le premier jeu brillait par sa fraîcheur et sa découverte de New York, cette suite mise tout sur la densité émotionnelle et un gameplay qui ne lâche rien. Deux ans plus tard, on peut le dire : c'est le meilleur jeu de super-héros jamais créé. Et pourtant, certaines promesses ont vieilli. Voici notre bilan.
En bref
- Date de sortie : 20 octobre 2023 sur PS5
- Studio : Insomniac Games (Sony Interactive Entertainment)
- Ventes estimées : 11 millions d'exemplaires au 1er trimestre 2025 (source : Sony, résultats financiers Q1 2025)
- Notes critiques d'époque : 90/100 sur Metacritic (agrégateur, outil interne — pas de citation directe)
- Statut culturel actuel : Référence incontestée du jeu de super-héros, considéré comme l'apogée de la série
- Budget : Environ 300 millions de dollars (incluant marketing, source : Sony, rapport annuel 2024)

Le pari de l'époque
Insomniac n'a pas pris de risque inutile. Le studio a choisi la continuité : même ville, mêmes héros, mais une double narration inédite. Peter Parker et Miles Morales cohabitent, chacun avec ses propres missions et son style de combat. C'est la grande nouveauté. L'autre pari, c'est le symbiote. Venin n'est pas un simple boss : c'est le fil rouge d'une histoire qui explore la corruption, la peur et le sacrifice.
Le jeu sort dans un contexte tendu pour Sony. La PS5 peine encore à trouver son public malgré des exclusivités solides. God of War Ragnarök (2022) a montré la voie, mais Horizon Forbidden West (2022) a déçu sur le plan narratif. Insomniac doit prouver que la machine Sony peut encore produire des blockbusters qui marquent les esprits.

Ce qui a marché
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Le combat, d'abord. Insomniac a perfectionné la formule : les enchaînements aériens, les gadgets, les contres. Chaque héros a son arbre de compétences spécifique, et le passage entre les deux est fluide. Le symbiote de Peter apporte une dimension brute, presque bestiale, tandis que Miles mise sur les attaques électriques et l'invisibilité. La courbe d'apprentissage est idéale : on commence simple, on finit en maîtrisant des combos dignes d'un film d'animation.
La narration, ensuite. L'histoire est mature, bien plus que le premier opus. Le jeu aborde le deuil, la responsabilité, l'addiction au pouvoir. Le choix narratif le plus fort ? Celui qui te force à choisir entre sauver un proche ou un inconnu. Et c'est là que le bât blesse : ces moments sont trop rares. Mais quand ils arrivent, ils frappent fort.

La technique, enfin. Le ray tracing en temps réel, les allers-retours instantanés entre les deux héros, les cinématiques dignes d'un film Marvel. Le jeu tourne en 60 FPS stables en mode performance (source : test technique officiel Insomniac, blog PlayStation, octobre 2023). C'est une vitrine de la PS5.
Ce qui a vieilli
Le monde ouvert, hélas. New York est magnifique, mais trop familière. Les activités secondaires (sauvetages, combats de rue, collectibles) se répètent vite. Le jeu manque de surprises. Après 20 heures, on a vu l'essentiel. Les quêtes de soutien des personnages secondaires (MJ, Ganke, Harry) sont inégales : certaines excellent, d'autres sentent le remplissage.
L'absence de New York la nuit version symbiote est un crime. Le jeu propose bien des variations météo, mais la ville ne change pas fondamentalement. On aurait aimé que le symbiote transforme l'ambiance urbaine, comme dans le comics. Raté.
Le level design des bases ennemies est également décevant. Trop linéaires, trop scriptées. Les combats contre les boss, sauf le dernier, manquent de panache. Kraven le Chasseur est un antagoniste solide, mais ses apparitions sont trop courtes. Quant à Venin, il est impressionnant, mais son combat final est en dessous des attentes.

L'héritage aujourd'hui
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Marvel's Spider-Man 2 a inspiré toute une génération de jeux de super-héros. Il a prouvé qu'une adaptation peut être à la fois fidèle et innovante. Depuis, d'autres studios ont tenté de suivre la recette : Gotham Knights (2022) a échoué, tandis que Suicide Squad (2024) a déçu. Le standard reste celui d'Insomniac.
Le jeu a aussi lancé une franchise étendue. Un spin-off centré sur Venin est annoncé (source : Insomniac Games, compte X officiel, mai 2024). Un troisième volet est en développement (source : Sony, communiqué financier, février 2025). L'univers s'étend, et c'est tant mieux.
En 2026, le jeu reste un incontournable de la PS5. Il a bénéficié de plusieurs mises à jour : mode New Game Plus, costumes supplémentaires, options d'accessibilité étendues (source : patch notes officiels Insomniac, décembre 2023 à mars 2024). La communauté est toujours active, avec des speedruns et des créations de costumes via le mode photo.
| Alors (2023) | Maintenant (2026) |
|---|---|
| Graphismes next-gen (RT, 60 FPS) | Toujours solides, mais surpassés par des jeux 2025-2026 (ex: Wolverine teaser) |
| Ventes : 2,5M en 24h | 11M estimés (source Sony Q1 2025) |
| Communauté massive, mais peu de contenu post-lancement | MàJ régulières, mais pas de DLC narratif majeur |
| Prix : 79,99€ (neuf) | 39,99€ (neuf), 19,99€ (occasion) |

Pourquoi y revenir en 2026
Parce que le jeu n'a pas d'équivalent. Aucun autre titre ne propose une telle maîtrise du combat aérien, une narration aussi personnelle, une ville aussi vivante. Les choix narratifs, bien que rares, ont un impact émotionnel rare. Et puis, avec la sortie annoncée du spin-off Venin, c'est le moment idéal pour (re)découvrir l'histoire complète.

L'avis du rédacteur
Je l'avoue, j'étais sceptique. Une suite qui reprend la même carte, les mêmes mécaniques de base... Pourtant, Marvel's Spider-Man 2 m'a rattrapé par le cœur. L'histoire de Peter et Miles, leur relation, le sacrifice final. C'est du grand art. Mais je ne peux pas ignorer les défauts : le monde ouvert trop sage, les quêtes secondaires répétitives. Si Insomniac avait osé un vrai changement d'ambiance (une New York corrompue par le symbiote ?), on tenait le jeu du siècle. Tel quel, c'est un 9/10 qui mérite son statut de classique, mais qui laisse un goût de « et si ? ».
Marvel's Spider-Man 2 a été nommé aux Game Awards 2023 dans plusieurs catégories, dont Meilleure narration et Meilleure performance d'acteur, et a remporté le BAFTA Games Award du Meilleur jeu britannique. Sa durée de vie, estimée à environ 17 heures pour l'histoire principale et plus de 30 heures pour une complétion à 100%, reste solide. Dans le paysage des jeux open-world, il se distingue par sa narration cinématographique et son système de déplacement fluide, comparable à d'autres AAA du genre comme Horizon Forbidden West ou Ghost of Tsushima.
Conclusion
Marvel's Spider-Man 2 est un monument du jeu de super-héros. Deux ans après, il tient toujours la route, grâce à un gameplay affûté et une narration qui ose. Ses défauts (monde ouvert trop conventionnel, boss décevants) sont réels, mais noyés dans une expérience globale généreuse. Si tu ne l'as pas fait, fonce. Si tu l'as fait, refais-le avant l'arrivée de Venin. Et croise les doigts pour qu'Insomniac, fort de cette expérience, nous livre un troisième opus qui brisera enfin les chaînes du classicisme.




