Octobre 2023. L'air est encore chaud sur New York, mais dans le gaming, c'est la frénésie. Marvel's Spider-Man 2 débarque sur PS5, exclusivité Sony. On sort tout juste d'une année 2022 marquée par Elden Ring et God of War Ragnarök. L'attente est monstrueuse. Insomniac, studio californien aux 30 ans d'existence, a promis un jeu plus grand, plus sombre, plus ambitieux. Deux Spider-Man jouables, un symbiote qui change tout, une carte doublée. Le pari est énorme. Et pourtant, le studio a tenu sa promesse. Aujourd'hui, un an après, on regarde dans le rétroviseur.
Cette rétrospective n'est pas un simple bilan. C'est une plongée dans ce qui fait la force d'Insomniac, ce qui a mal vieilli, et pourquoi ce jeu reste un incontournable en 2026.
Pour aller plus loin, retrouve toute notre couverture sur Marvel's Spider-Man 2.
En bref
- Sortie : 20 octobre 2023 sur PlayStation 5.
- Ventes : 11 millions d'exemplaires en 4 mois (source : communiqué Sony, février 2024).
- Notes critiques : Metacritic 90 (PS5), acclaimé pour son récit et son gameplay.
- Statut culturel : considéré comme l'un des meilleurs jeux de super-héros, mais déjà dépassé techniquement par les titres UE5 de 2025.

Le pari de l'époque
Insomniac n'en était pas à son coup d'essai. En 2018, le premier Spider-Man avait redéfini le genre super-héros en jeu vidéo : un monde ouvert vivant, un combat aérien fluide, une histoire adulte. Miles Morales (2020) avait confirmé le savoir-faire, mais sur un format plus court. Pour le deuxième opus numéroté, le studio devait frapper fort. Le défi : gérer deux protagonistes, Peter Parker et Miles Morales, sans que l'un n'éclipse l'autre. Et ajouter le symbiote Venom, un méchant emblématique.

Le pari était aussi technique. Le jeu utilise le moteur propriétaire d'Insomniac, une évolution de celui de Ratchet & Clank: Rift Apart (2021). Les temps de chargement sont quasi inexistants grâce au SSD de la PS5. La carte de New York est agrandie pour inclure Brooklyn, Queens et Coney Island. Le ray tracing est omniprésent, même en mode performance 60 fps. Un exploit.
Ce qui a marché
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Le récit. C'est le point fort. La dualité Peter/Miles est parfaitement gérée. L'introduction de Venom via Harry Osborn donne une dimension tragique. Kraven le Chasseur, interprété par Jim Pirri, est un antagoniste charismatique, presque shakespearien. Le scénario explore des thèmes matures : le deuil, la responsabilité, la tentation du pouvoir. Les cinématiques sont au niveau du MCU, avec une mise en scène digne d'un film.
Le gameplay. Le système de combat a été enrichi. Les pouvoirs symbiotes de Peter (tentacules, fureur) apportent une dimension plus agressive. Miles conserve ses pouvoirs électriques et d'invisibilité. Le jeu permet de switcher instantanément entre les deux héros. Les combats aériens, les prises améliorées, les gadgets : tout est fluide. Le balancement dans New York reste la meilleure expérience de traversal jamais conçue.

La direction artistique. New York est magnifique. Les quartiers sont distincts : les lumières de Times Square, les ruelles de Harlem, la verdure de Central Park. Les conditions météo dynamiques (pluie, orages, nuit) ajoutent une atmosphère cinématographique. Le design de Venom est terrifiant : immense, veineux, avec une bouche démesurée.
Ce qui a vieilli
Les missions secondaires. C'est le point faible. Beaucoup de quêtes sont répétitives : arrêter des voleurs, des drones, des défis de course. Les activités de la carte (nids de symbiotes, repaires de Kraven) deviennent lassantes. Le jeu manque de variété dans son contenu annexe, comparé à un Cyberpunk 2077 ou un Ghost of Tsushima.
L'IA des ennemis. Les ennemis au sol sont peu réactifs. Ils attendent leur tour, ne coordonnent pas leurs attaques. En difficulté maximale, ils font plus de dégâts mais ne sont pas plus intelligents. Les boss, en revanche, restent excellents.
Le monde ouvert. New York est belle mais vide d'interactions. On ne peut pas entrer dans les bâtiments, les PNJ sont génériques. Comparé à Grand Theft Auto V (2013), l'immersion souffre. On se déplace dans un décor, pas dans une ville vivante.

L'héritage aujourd'hui
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Marvel's Spider-Man 2 a influencé les jeux de super-héros suivants. Suicide Squad: Kill the Justice League (2024) a tenté le multijoueur, mais a échoué. Wolverine (prévu 2026) d'Insomniac promet d'utiliser les leçons du jeu. Le spin-off centré sur Venom, annoncé par Insomniac en 2024, est très attendu.
Le jeu a reçu plusieurs nominations aux Game Awards 2023 : meilleur récit, meilleure direction artistique, meilleur jeu d'action-aventure. Il n'a gagné aucun prix majeur, battu par Baldur's Gate 3 et Alan Wake 2. Mais il reste un étalon pour la narration super-héroïque.

Pourquoi y revenir en 2026
Plusieurs raisons. D'abord, le New Game+ et les modes de difficulté ajoutés en mise à jour gratuite offrent une rejouabilité. Ensuite, les skins alternatifs (dont le costume symbiote noir classique) donnent envie de refaire l'histoire. Enfin, avec l'arrivée de Wolverine en fin d'année, c'est le moment de se replonger dans l'univers partagé d'Insomniac. Le jeu est régulièrement en promotion sur le PlayStation Store.
Le jeu est aussi un excellent test pour la PS5 Pro, sortie en 2024. Le mode performance ray tracing à 60 fps tient toujours la route.
L'avis du rédacteur
On va être honnête : Marvel's Spider-Man 2 est un jeu magnifique, bien écrit, incroyable à jouer. Mais il manque d'audace. Insomniac a joué la sécurité : une formule éprouvée, des quêtes secondaires convenues, un monde ouvert qui ne surprend pas. Le jeu est un 9/10, mais un 9/10 sans prise de risque. C'est un peu frustrant. On aurait aimé plus de folie, plus de missions marquantes comme les passages furtifs avec Miles ou le combat final contre Venom. Mais dans l'ensemble, c'est un must-play pour tout possesseur de PS5.

Conclusion
Marvel's Spider-Man 2 restera comme un jalon : le jeu de super-héros le plus abouti de sa génération, porté par un récit fort et un gameplay exemplaire. Il a vieilli sur certains points (missions répétitives, monde vide), mais il continue d'impressionner par sa technique et son cœur. En 2026, il mérite encore votre temps. Et il prépare le terrain pour ce qui vient : Marvel's Wolverine et le spin-off Venom. L'univers d'Insomniac n'a pas fini de s'agrandir.




