Octobre 2023. Le monde du jeu vidéo retient son souffle. Insomniac Games, studio californien tout juste racheté par Sony, s'apprête à lâcher la bombe : la suite tant attendue de Marvel's Spider-Man. Le premier épisode avait déjà mis la barre très haut en 2018, mêlant liberté de mouvement grisante et narration digne d'un film Marvel. Mais Spider-Man 2 promettait plus : deux Spider-Man jouables, un Venom monstrueux, et un New York encore plus grand. La hype était à son comble. Et le résultat ? Un jeu qui a conquis critiques et joueurs, mais qui, rétrospectivement, révèle quelques failles dans sa toile.
Cette rétrospective n'est pas un simple bilan. C'est une plongée dans ce qui fait de Marvel's Spider-Man 2 un jeu exceptionnel, mais aussi dans ce qui l'empêche d'être un chef-d'œuvre intemporel. On va décortiquer le pari fou d'Insomniac, ce qui a marché, ce qui a vieilli, et surtout, pourquoi tu devrais y rejouer en 2026.
En bref
- Date de sortie : 20 octobre 2023, exclusivité PlayStation 5.
- Ventes : plus de 10 millions d'exemplaires en 6 mois (source : communiqué Sony Interactive Entertainment, avril 2024).
- Notes critiques d'époque : 90/100 sur Metacritic (moyenne des critiques), 92% d'approbation sur OpenCritic.
- Prix actuel : 69,99€ neuf, régulièrement en promo à 39,99€.
- Statut culturel : considéré comme l'un des meilleurs jeux de super-héros jamais créés, aux côtés de Batman: Arkham City et Marvel's Spider-Man (2018).

Le pari de l'époque
Insomniac Games n'a pas fait les choses à moitié. Après le succès du premier opus (20 millions d'exemplaires vendus en 2022), le studio devait prouver qu'il pouvait faire mieux, plus grand, plus intense. Le défi technique était colossal : deux personnages jouables avec des mécaniques distinctes, un New York agrandi avec Brooklyn et Queens, et des séquences de combat aérien à couper le souffle. Le tout sur PS5, en exploitant au maximum le SSD et le ray tracing.

Le pari était aussi narratif. Pour la première fois, Peter Parker et Miles Morales partageaient le haut de l'affiche. Insomniac a choisi de confronter Peter à ses démons intérieurs à travers le symbiote Venom, tandis que Miles devait assumer son rôle de protecteur de Harlem. Une double narration risquée, qui aurait pu tomber dans le fouillis.
Ce qui a marché
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Difficile de ne pas commencer par le gameplay. Les déplacements sont tout simplement jouissifs. Les toiles se balancent avec une fluidité inégalée, les dash aériens et les sauts propulsés par le symbiote ajoutent une verticalité grisante. Le combat, lui, est une chorégraphie parfaite : enchaînements de coups, gadgets, pouvoirs du symbiote… Chaque affrontement est un spectacle.

Le doublage est également un point fort. Yuri Lowenthal (Peter) et Nadji Jeter (Miles) livrent une performance habitée, tout comme Tony Todd, la voix de Venom, dont le timbre grave et menaçant reste gravé dans les mémoires. L'histoire, bien que parfois prévisible, touche juste quand elle explore la relation entre Peter et Miles, ou la descente aux enfers de Peter sous l'influence du symbiote.
Techniquement, le jeu est un démonstrateur de la PS5. Les temps de chargement quasi inexistants, les reflets en ray tracing constants, la distance d'affichage époustouflante… Insomniac a repoussé les limites de la console.
Ce qui a vieilli
Hélas, tout n'a pas vieilli aussi bien. Le monde ouvert, bien que magnifique, souffre du syndrome de l'activité répétitive. Les QG de criminels, les drones de chasse, les balises photo… Autant de quêtes secondaires qui se ressemblent. Un an après, on se souvient des missions principales, pas des dizaines de points d'intérêt qui parsèpent la carte.
Le scénario, lui, montre quelques coutures. La deuxième moitié du jeu est expédiée : le symbiote infecte Peter, puis Kraven le chasseur est écarté en un combat, et Venom devient le méchant final un peu trop vite. On aurait aimé plus de développement pour Kraven, personnage fascinant mais sous-exploité.

Enfin, l'absence de contenu post-lancement conséquent a frustré. Insomniac a sorti une mise à jour New Game + et quelques costumes, mais pas de véritable extension narrative, contrairement au premier jeu qui avait eu The City That Never Sleeps. Résultat : une fois la cinquantaine d'heures bouclée, on range la manette.
L'héritage aujourd'hui
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Malgré ces défauts, Marvel's Spider-Man 2 a marqué l'industrie. Il a prouvé qu'un jeu de super-héros pouvait être à la fois un blockbuster et une œuvre personnelle. Il a aussi influencé les jeux suivants : Wolverine (en développement chez Insomniac) promet d'exploiter la même recette, et Suicide Squad: Kill the Justice League a tenté (avec moins de succès) de copier sa formule de déplacement fluide.
Le jeu a également été un moteur de ventes pour la PS5. En décembre 2023, Sony annonçait que 5 millions d'exemplaires avaient été écoulés, un record pour une exclusivité first-party en si peu de temps. Aujourd'hui, le jeu reste un argument de vente pour la console, surtout depuis la sortie de la PS5 Pro.

Pourquoi y revenir en 2026
Si tu n'as pas encore craqué, c'est le moment. Le jeu est régulièrement en promo, et les patchs successifs ont corrigé les bugs de lancement. L'expérience est aujourd'hui plus fluide que jamais. Et franchement, traverser New York en se balançant entre les gratte-ciel, ça n'a pas pris une ride.
| Aspect | Alors (octobre 2023) | Maintenant (juillet 2026) |
|---|---|---|
| Graphismes | Déjà superbes, quelques bugs visuels | Patchés, stables, ray tracing amélioré via patch PS5 Pro |
| Ventes | 5 millions (déc. 2023) | Plus de 12 millions (estimation, source : données financières Sony non vérifiées) |
| Communauté | Active, spéculations sur DLC | Modérée, surtout sur les forums dédiés aux speedruns et aux photos |
| Prix | 79,99€ neuf | 39,99€ en promo régulière |
Le mode photo, déjà excellent, est toujours un plaisir. Et pour les complétistes, obtenir le platine reste un objectif accessible et gratifiant (environ 30 heures).
L'avis du rédacteur
Je vais être honnête : Marvel's Spider-Man 2 est mon jeu de super-héros préféré, à égalité avec Batman: Arkham City. Mais je ne peux pas ignorer ses défauts. Le monde ouvert est trop sage, les quêtes secondaires trop génériques. Pourtant, chaque fois que je lance le jeu, je suis happé par la sensation de puissance, par la beauté de New York, par la relation entre Peter et Miles. Ce jeu a du cœur, et ça compense beaucoup de choses. Si tu aimes les histoires de super-héros bien écrites et le gameplay spectaculaire, fonce. Les défauts sont réels, mais l'expérience globale est exceptionnelle.
Marvel's Spider-Man 2 ne propose pas de système de classes ou de romance, mais ses choix narratifs impactent l'histoire et les relations entre personnages. Le jeu a été nommé aux Game Awards 2023 dans plusieurs catégories, dont Meilleure narration et Meilleure performance d'acteur, et a remporté le BAFTA du Meilleur jeu britannique. La durée de vie de la campagne principale est d'environ 17 heures, avec une complétion à 100% nécessitant environ 35 heures. En tant qu'open-world AAA, il se compare favorablement à d'autres titres du genre comme Batman: Arkham Knight, offrant une expérience d'action-aventure fluide et immersive.

Conclusion
Marvel's Spider-Man 2 n'est pas parfait. Il est trop court, son monde ouvert manque d'ambition, et son scénario aurait mérité plus de temps. Mais il reste un jeu magnifique, jouissif et sincère. Il a élevé le genre du jeu de super-héros à un niveau rarement atteint. En 2026, il mérite encore ta curiosité, ne serait-ce que pour te rappeler pourquoi on aime les jeux vidéo : pour ces moments de pur spectacle, de liberté et d'émotion. Et qui sait ? Peut-être qu'Insomniac nous prépare une suite encore plus ambitieuse pour la PS6.




