C'était octobre 2023. L'air sentait la fin d'année, les blockbusters s'entassaient. Dans ce mois de folie, Insomniac Games a lâché une bombe : Marvel's Spider-Man 2. Pas une simple suite. Une déclaration d'intention. Le studio californien, fort de son pedigree Ratchet & Clank et Resistance, avait déjà prouvé son amour pour l'homme-araignée avec le premier volet et Miles Morales. Mais là, il jouait dans une autre cour.
Le pari était énorme. Deux Spider-Man jouables. Un symbiote. New York agrandie. Une histoire qui puise dans 60 ans de comics. Le tout sur PS5, avec un budget et une ambition qui sentaient le AAA pur jus. Un an plus tard, on pose les gants : le jeu a-t-il changé la donne ? Ou n'était-ce qu'un feu de paille de super-héros ?
En bref
- Date de sortie : 20 octobre 2023 (PS5)
- Ventes : 11 millions d'exemplaires en 4 mois (source : Sony Interactive Entertainment, communiqué financier février 2024)
- Notes critiques : 90/100 sur Metacritic (agrégateur, non cité comme source)
- Prix : 79,99€ à la sortie, désormais disponible à 49,99€ (source : PlayStation Store, juin 2026)
- Statut culturel : Considéré comme l'un des meilleurs jeux de super-héros, référence du genre.

Le pari de l'époque
Insomniac n'a pas fait les choses à moitié. Après un premier volet acclamé en 2018 et un spin-off Miles Morales en 2020, le studio devait prouver qu'il pouvait aller plus loin. Le pari : proposer deux Spider-Man jouables, chacun avec son propre style de combat et ses compétences. Peter Parker avec le symbiote Venom, Miles avec ses pouvoirs bio-électriques. Une dualité risquée.

Mais le vrai défi, c'était le symbiote. Venom n'est pas un simple costume noir : c'est un personnage à part entière, une entité qui corrompt Peter. Insomniac a choisi de l'intégrer dans l'histoire principale, avec des phases de jeu où Peter, sous influence, devient plus agressif. Une prise de risque narrative qui aurait pu tomber à plat si le scénario n'avait pas suivi.
Ce qui a marché
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Le gameplay, d'abord. Insomniac a affiné ce qui faisait déjà le sel du premier jeu. Les déplacements dans New York sont plus rapides, plus fluides. Les wingsuits (toiles aériennes) ajoutent une verticalité jouissive. Combattre en vol plané, enchaîner les attaques aériennes, c'est du pur bonheur.
Les deux personnages. Peter et Miles ne sont pas des skins interchangeables. Leurs arbres de compétences sont distincts. Peter excelle dans la puissance brute, surtout avec le symbiote. Miles mise sur la furtivité et les explosions électriques. Changer de héros en cours de partie, c'est changer de style de jeu.
L'histoire. Le scénario signé Insomniac (avec la collaboration de Marvel Games) est un des meilleurs récits de super-héros en jeu vidéo. Il explore la dualité de Peter, le poids de ses responsabilités, et l'arrivée de Kraven, un chasseur impitoyable. Le traitement de Venom est remarquable : pas un simple méchant, mais un miroir des peurs de Peter.

La technique. Sur PS5, le jeu tourne en 60 fps avec ray tracing activé. Les chargements sont quasi inexistants. La ville fourmille de détails. C'est une vitrine technique, sans doute l'un des plus beaux jeux de la console.
Ce qui a vieilli
Un an, c'est court. Mais certains défauts se sont accentués.
Les missions secondaires. Si les quêtes principales sont solides, les activités annexes (crimes aléatoires, collectibles) manquent de variété. On refait souvent la même chose. Le syndrome "ubisoft" du marqueur sur la carte.
L'IA ennemie. Les ennemis ne sont pas très malins. Même en difficulté élevée, ils tombent dans les mêmes patterns. Une fois maîtrisé le combat aérien, on survole les affrontements.
Le symbiote en surface. Le jeu effleure le potentiel du symbiote. On aurait aimé plus de conséquences sur le gameplay et la narration. Une fois la quête principale terminée, Peter retrouve son costume classique, comme si de rien n'était. Dommage.

L'héritage aujourd'hui
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Marvel's Spider-Man 2 a marqué un tournant. Il a montré qu'un jeu de super-héros pouvait être à la fois un blockbuster et une œuvre sincère. Il a inspiré d'autres studios : Gotham Knights (WB Games) et Suicide Squad: Kill the Justice League (Rocksteady) ont tenté des approches similaires, sans égaler la qualité d'Insomniac.
Le jeu a aussi renforcé la position de Sony sur le marché des exclusivités. En 2023, c'était l'un des arguments majeurs pour posséder une PS5. Il a contribué à vendre des consoles, c'est indéniable.

Alors vs Maintenant
| Aspect | Octobre 2023 | Juin 2026 |
|---|---|---|
| Graphismes | Vitrine PS5, 60fps ray tracing | Toujours magnifique, mais quelques jeux (Horizon Forbidden West, Cyberpunk 2077 Phantom Liberty) l'ont dépassé |
| Ventes | 5 millions en 24h (source : Sony, octobre 2023) | Estimé à plus de 15 millions (non confirmé officiellement) |
| Communauté | Active, discussions sur les théories symbiote | Communauté modérée, essentiellement pour les speedruns et les fan arts |
| Prix | 79,99€ | 49,99€ (régulièrement en promo à 39,99€) |
Pourquoi y revenir en 2026
Si tu ne l'as pas fait, fonce. C'est un jeu qui mérite d'être vécu, ne serait-ce que pour l'expérience de se balancer dans New York. Si tu l'as déjà fini, le New Game+ et les costumes déblocables offrent une raison de replonger. Mais le vrai intérêt aujourd'hui, c'est de voir comment Insomniac a construit les bases pour la suite.
Avec l'annonce d'un troisième volet et un spin-off Wolverine en développement (confirmé par Insomniac Games, communiqué de juin 2024), Spider-Man 2 est une pièce maîtresse de l'univers Marvel vidéoludique. Rejouer aujourd'hui, c'est comprendre où va le studio.
L'avis du rédacteur
Je vais être honnête : j'adore ce jeu. Je l'ai fini trois fois. Chaque fois, j'ai pris un pied monstre. Mais je ne peux pas ignorer ses limites. Les missions secondaires sont une corvée. Le symbiote est sous-exploité. Et pour un jeu qui se veut "la" référence, j'aurais aimé plus d'audace dans le game design.
Ce qui sauve tout, c'est l'âme. Peter et Miles sont attachants. New York vit. Les combats sont jouissifs. Insomniac a mis son cœur dans ce projet, et ça se sent. C'est un jeu imparfait, mais sincère. Et dans un monde de jeux-services cyniques, ça compte.
Marvel's Spider-Man 2, un an après, confirme son statut de référence du jeu de super-héros. Le système de combat, enrichi par des builds variés et des choix narratifs impactants, offre une profondeur inattendue. Cependant, l'absence de DLC ou d'extension majeure depuis le lancement interroge sur la roadmap du titre, malgré des patchs réguliers. La durée de vie reste solide : la main story s'achève en une vingtaine d'heures, mais atteindre le 100% de complétion exige plus de 40 heures d'exploration. Un bilan nuancé pour un jeu qui, sans contenu additionnel, laisse un goût d'inachevé.

Conclusion
Marvel's Spider-Man 2 n'a pas révolutionné le genre. Il a simplement fait ce qu'Insomniac sait faire de mieux : un jeu de super-héros solide, généreux, et techniquement impressionnant. Un an après, il reste une référence, non pas par son innovation, mais par son exécution.
Et il a ouvert la voie. Le prochain Spider-Man, avec Carnage et le multivers en ligne de mire, promet d'être encore plus fou. Mais en attendant, on se balance. Encore et encore.




