Octobre 2023. La PS5 fête ses trois ans, et Sony aligne ses exclusivités. God of War Ragnarök est déjà sorti, Horizon Forbidden West aussi. Il manque un blockbuster estampillé « exclusivité » pour l'automne. C'est là qu'Insomniac Games entre en scène avec Marvel's Spider-Man 2. Un jeu qui doit prouver que le super-héros vidéoludique peut enfin rivaliser avec les plus grands RPG solo.
La promesse est alléchante : deux Spider-Man, Peter Parker et Miles Morales, un Venom en méchant principal, et un monde ouvert new-yorkais deux fois plus grand que celui du premier opus. Un an après, on a enfilé le costume pour voir ce qui a vraiment marqué les esprits.
En bref
- Sortie : 20 octobre 2023, exclusivité PS5
- Studio : Insomniac Games (édité par Sony Interactive Entertainment)
- Ventes estimées : 11 millions d'exemplaires en un an (source : estimation analystes basée sur rapports trimestriels Sony)
- Notes critiques : 90/100 sur Metacritic (source : Metacritic, outil interne)
- Prix : 79,99 € à la sortie, désormais 49,99 € en version standard
- Statut culturel : considéré comme l'un des meilleurs jeux de super-héros, mais pas le chef-d'œuvre absolu attendu

Le pari de l'époque
Insomniac n'en est pas à son coup d'essai. Après un premier Spider-Man acclamé en 2018 (plus de 20 millions d'exemplaires), et un Miles Morales en 2020 vendu à 10 millions, le studio californien devait prouver qu'il pouvait faire mieux. Le défi : intégrer deux protagonistes jouables, chacun avec ses propres capacités, tout en racontant une histoire cohérente.
Le jeu mise tout sur la dualité. Peter Parker, plus mature, porte le symbiote qui le corrompt. Miles, plus jeune, doit gérer ses études et ses responsabilités de héros. Une mécanique de jeu qui alterne entre les deux, avec des quêtes dédiées à chacun. Mais aussi une carte étendue : Brooklyn et Queens s'ajoutent à Manhattan, doublant la surface explorable.

Ce qui a marché
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Le gameplay : une maîtrise du game feel
Dès les premières secondes, on sent la patte Insomniac. Le balancement est plus fluide que jamais. Les wingsuits (toiles ailées) permettent de planer sur des distances impressionnantes. Le combat ? Rapide, percutant, avec des capacés uniques pour chaque Spider-Man. Peter utilise les tentacules du symbiote (tentacules de Venom), Miles manipule la bio-électricité (venom powers). La boucle de gameplay est simple : balade-toi, tombe sur un crime, nettoie la zone, upgrade ton équipement.
Les combats de boss méritent une mention spéciale. Venom, Kraven, le Lézard : chaque affrontement est un spectacle à part entière. Le level design des phases de boss exploite parfaitement les verticalités de New York.
La direction artistique
New York n'a jamais été aussi belle. Le ray tracing est permanent, les reflets sur les buildings sont bluffants. Le cycle jour/nuit est géré dynamiquement, avec des ambiances différentes selon l'heure. La modélisation des personnages, notamment les expressions faciales, atteint un niveau de détail rarement vu dans un jeu en monde ouvert.

L'histoire : un récit mature
Le scénario, écrit par Ben Arfmann et Brittney Morris, ose des thèmes sombres : la corruption par le pouvoir (le symbiote), le deuil (Peter perd Tante May dans le premier jeu, et Harry Osborn est malade), la responsabilité. Les dialogues sont bien écrits, les acteurs (Yuri Lowenthal pour Peter, Nadji Jeter pour Miles) livrent une performance convaincante. Le lore de l'univers Marvel est respecté, avec des clins d'œil aux comics et aux films.
Ce qui a vieilli
Un monde ouvert générique
Malgré sa taille, New York reste un décor de cinéma. Les activités secondaires sont répétitives : crimes aléatoires (toujours les mêmes), défis de courses, photographies de points d'intérêt. Rien de nouveau depuis le premier jeu. Le système de progression verticale (gagner de l'XP pour débloquer des compétences) est linéaire, sans réelle surprise. La courbe d'apprentissage est plate : au bout de 10 heures, on a tout vu.
Une histoire précipitée
Le jeu dure environ 17 heures pour la quête principale, 30 heures pour le 100%. Mais les deux derniers chapitres sont expédiés. La transformation de Peter en Venom est trop rapide, et le combat final contre Venom (lui-même) manque de profondeur émotionnelle. On sent que le jeu a été compressé pour tenir dans un format « blockbuster ». Les choix narratifs ? Il n'y en a pas. Tout est scripté, sans embranchement.

Technique : des bugs persistants
À sa sortie, le jeu souffrait de bugs graphiques (pop-in, textures qui chargent en retard) et de quelques crashs. Un an plus tard, la plupart ont été corrigés via des patchs, mais certains subsistent : des PNJ qui traversent les murs, des missions qui ne se déclenchent pas. Rien de rédhibitoire, mais ça ternit l'expérience.
L'héritage aujourd'hui
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Marvel's Spider-Man 2 a reçu plusieurs nominations aux Game Awards 2023 (meilleure narration, meilleure performance d'acteur), mais n'a remporté aucun prix majeur. Il a été battu par Baldur's Gate 3 et Alan Wake 2. Pourtant, il reste une référence pour le genre « super-héros ». Il a influencé des jeux comme le prochain Wolverine (également chez Insomniac) et a montré que le ray tracing permanent était possible sur console.

Pourquoi y revenir en 2026
Avec la sortie du DLC « The City That Never Sleeps » (non, il n'y en a pas eu pour ce jeu), et une éventuelle version PC (rumeur non confirmée, aucune annonce officielle), le jeu reste une excellente porte d'entrée dans l'un Marvel vidéoludique. Si tu ne l'as pas fait, fonce. Si tu l'as déjà fini, une deuxième partie en mode « New Game + » avec les skins débloqués peut valoir le coup.
| Aspect | À la sortie (2023) | Aujourd'hui (2026) |
|---|---|---|
| Graphismes | Ray tracing, 1440p/60fps | Toujours solides, patchs anti-bug |
| Ventes | 5 millions en 11 jours | Environ 11 millions (estimation) |
| Communauté | Forums actifs, créateurs de contenu | Moins de buzz, mais mods PC si port |
| Prix | 79,99 € | 49,99 € (neuf) / 30 € (occasion) |
L'avis du rédacteur
On a passé des heures à se balancer entre les gratte-ciel, à enchaîner les combats aériens. C'est jouissif. Mais on ressort frustré par le potentiel inexploité. Insomniac a fait un jeu solide, pas un chef-d'œuvre. L'histoire méritait plus de temps, le monde plus d'âme. Si tu cherches une exclu PS5 qui claque, c'est un bon choix. Mais si tu veux un RPG solo profond, passe ton chemin.

Conclusion
Marvel's Spider-Man 2 est un excellent jeu de super-héros, une vitrine technique pour la PS5, mais pas le jeu de la génération. Il a ouvert la voie à Wolverine (attendu pour 2026 ?), mais il montre aussi les limites du genre « monde ouvert à la Marvel ». On attend le prochain Insomniac avec impatience, en espérant qu'il prenne plus de risques.




