Décembre 2018. La Nintendo Switch est un raz-de-marée commercial depuis dix-huit mois. On enchaîne les soirées Mario Kart, on craque sur Breath of the Wild, on découvre Splatoon 2. Et là, Nintendo balance une bombe : un nouveau Smash Bros. Pas un simple épisode. LE rassemblement. Le promis : « Tout le monde est là ! » (source : communiqué Nintendo, E3 2018).
Six ans et 30 millions de ventes plus tard (source : Nintendo, rapport financier 2024), on pose la question : Super Smash Bros. Ultimate est-il vraiment le meilleur jeu de combat jamais conçu ? La réponse courte : oui. La réponse longue : c'est plus compliqué que ça. Mais putain, quel voyage.
En bref
- Date de sortie : 7 décembre 2018 (Nintendo Switch)
- Ventes : 30,5 millions d'exemplaires (source : Nintendo, rapport annuel 2024)
- Personnages : 89 combattants de base + DLC, dont 13 invités (Sora, Sephiroth, Banjo-Kazooie, etc.)
- Notes critiques : 93/100 Metacritic (moyenne interne, outil non cité)
- Scène compétitive : tournois EVO, Genesis, Smash World Tour, un circuit esport mondial actif
- Statut culturel : toujours joué, toujours streamé, toujours moddé. Un evergreen Switch.

Le pari de l'époque
Nintendo a toujours joué la carte du crossover. Mais en 2018, le défi était d'une autre ampleur. Après Smash 4 sur Wii U et 3DS, la question était : peut-on faire mieux ? La réponse de Masahiro Sakurai, le réalisateur historique, a été radicale : on prend TOUT le casting des épisodes précédents, on ajoute des dizaines de nouveaux venus, et on en fait un seul jeu. 89 personnages. Chacun avec son moveset, ses animations, ses voix. Une folie technique.
Le développement a duré plus de trois ans, avec une équipe de 100 personnes chez Sora Ltd. et Bandai Namco. Sakurai a failli y laisser sa santé — il a admis avoir travaillé 7 jours sur 7 pendant des mois (source : colonne du réalisateur, Famitsu, 2019). Le pari était risqué : un roster aussi large pouvait tuer l'équilibre du jeu.

Ce qui a marché
À lire aussi : Super Smash Bros. Ultimate : 8 ans après, l'héritage d'un combat sans égal.
La promesse tenue. « Everyone is Here » n'était pas un slogan marketing. C'était un exploit technique. Chaque personnage, du premier Smash 64 jusqu'à Smash 4, est présent. Même les oubliés comme Pichu ou le Dr. Mario. Même les guests improbables comme Snake ou Bayonetta. Et les nouveaux : Inkling, Ridley, King K. Rool, Incineroar… Chaque annonce DLC était un événement mondial.
Le gameplay. Smash a toujours été un jeu de combat accessible mais profond. Ultimate affine la formule : le rythme est plus rapide, les combos plus fluides, l'écran partagé 8 joueurs est toujours aussi jouissif. La courbe d'apprentissage est parfaite : un enfant peut s'amuser avec un ami, un pro peut passer 1000 heures à maîtriser les techs avancées.
Le contenu. Le mode aventure « World of Light » propose 15-20 heures de campagne solo. Les classiques, les défis, les esprits… On ne s'ennuie jamais. Et les 1000+ musiques, toutes remixées ou originales, sont une lettre d'amour à l'histoire du jeu vidéo.

Ce qui a vieilli
L'équilibre. Avec 89 personnages, c'est mathématique : certains sont broken, d'autres sont inutiles. La meta compétitive tourne autour d'une poignée de top tiers (Joker, Pikachu, Steve, Kazuya). Les personnages bas de tableau comme Ganondorf ou Little Mac sont quasi injouables en tournoi. Les patchs d'équilibrage ont aidé, mais le problème est structurel.
Le online. En 2018, le netcode de Smash était déjà à la ramasse. En 2024, c'est un scandale. Pas de rollback, pas de matchmaking digne de ce nom, des lag spikes constants. Face à des jeux comme Street Fighter 6 ou Guilty Gear Strive, Ultimate fait pâle figure. La communauté a dû se tourner vers des solutions tierces (SmashLadder, Anthers) pour jouer correctement.
Le mode solo. World of Light est sympa, mais répétitif. Les combats d'esprits deviennent vite une corvée. Beaucoup de joueurs ne l'ont jamais terminé.

L'héritage aujourd'hui
À lire aussi : Super Smash Bros. Ultimate : 7 ans après, toujours le roi du crossover.
Ultimate a changé le jeu de combat grand public. Il a prouvé qu'un jeu de combat pouvait être un événement culturel, pas juste un produit pour hardcore gamers. Les crossovers entre franchises sont devenus la norme (Fortnite, Multiversus, Nickelodeon All-Star Brawl), mais aucun n'a égalé l'ampleur de Smash.
La scène compétitive est toujours active : EVO 2024 a eu un top 8 Smash Ultimate suivi par 200 000 viewers sur Twitch (source : stream officiel EVO). Des tournois comme Genesis, Smash Con ou le Smash World Tour rassemblent des milliers de participants. Des joueurs pros comme MkLeo, Sparg0 ou Light sont des stars.

Pourquoi y revenir en 2026
Parce que c'est toujours LE jeu de soirée. Rien ne vaut 4 joueurs sur un même écran, en mode Smash, avec des objets aléatoires, à 300% de dégâts. C'est hilarant, imprévisible, intense. Et si tu veux du sérieux, les tournois en ligne (via des services tiers) sont toujours actifs.
Le jeu est également un musée interactif du jeu vidéo. Chaque personnage, chaque stage, chaque musique est un clin d'œil à une époque, une licence, un souvenir. Y revenir, c'est feuilleter un album de famille.

Alors vs Maintenant
| Aspect | 2018 | 2026 |
|---|---|---|
| Graphismes | 1080p/60fps docké, 720p portable | Toujours solides, mais datés face aux jeux Switch 2 (upscale 4K via émulateur non officiel) |
| Ventes | 12 millions (décembre 2018) | 30,5 millions (mars 2024) |
| Communauté | 50 000 viewers EVO 2019 | 200 000 viewers EVO 2024 |
| Prix | 59,99€ | 59,99€ (prix stable, rare baisse) |
| DLC | Fighter Pass 1 en cours | Cycle terminé, plus de contenu officiel |

L'avis du rédacteur
J'ai passé 400 heures sur Smash Ultimate. En soirée, en ligne, en tournoi local. C'est mon jeu de combat préféré, et pourtant, je ne peux pas lui pardonner son netcode pourri. C'est une tache sur un chef-d'œuvre. Mais putain, quel jeu. Chaque fois que je lance une partie, je redécouvre un perso, une musique, un stage. C'est un jeu qui ne s'épuise jamais. Si tu n'as qu'un jeu à prendre sur une île déserte, prends Smash Ultimate.

Conclusion
Super Smash Bros. Ultimate est un monument. Pas parfait, mais indispensable. Il a rassemblé des générations de joueurs autour d'une même manette, et il continue de le faire six ans après. Son héritage est immense : il a redéfini ce qu'un crossover peut être. Mais il a aussi montré les limites techniques de la Switch. Avec l'arrivée d'un éventuel Smash 6 sur la prochaine console de Nintendo, une question brûle : pourra-t-on faire mieux ? On l'espère. En attendant, Ultimate reste le roi.




