Décembre 2018. La Nintendo Switch est en pleine forme, portée par Breath of the Wild et Mario Odyssey. Mais ce mois-là, Masahiro Sakurai s'apprête à lâcher une bombe : Super Smash Bros. Ultimate. Le pari est fou : réunir TOUS les combattants jamais apparus dans la série, plus des invités venus de mondes que personne n'aurait imaginés. 74 personnages au lancement, promesse d'un roster final de 89 avec les DLC. Un défi technique et juridique titanesque.
Mais Ultimate n'est pas qu'un best-of. C'est une déclaration d'amour au jeu vidéo tout entier. Une célébration qui, sept ans plus tard, continue de faire vibrer des millions de joueurs et d'alimenter une scène compétitive parmi les plus vivaces du monde.
Pour aller plus loin, retrouve toute notre couverture sur Super Smash Bros. Ultimate.
En bref
- Date de sortie : 7 décembre 2018 (Nintendo Switch)
- Ventes : 34,22 millions d'exemplaires au 30 septembre 2025 (source : Nintendo, résultats financiers trimestriels)
- Roster : 89 combattants au total, dont 13 invités (Sonic, Cloud, Snake, Banjo & Kazooie, Joker, etc.)
- Note critique : 93/100 sur Metacritic (agrégation interne, 84 critiques)
- Statut culturel : jeu de combat le plus vendu de l'histoire, record du monde du plus grand roster dans un jeu de combat (certifié Guinness World Records)
- Scène compétitive : toujours active en 2026, avec des tournois majeurs comme le Smash World Tour

Le pari de l'époque
En 2018, Nintendo jouait gros. La Switch avait déjà conquis le public casual, mais le public "core gamer" attendait un titre fédérateur. La promesse d'Ultimate — "tout le monde est là" — n'était pas qu'un slogan marketing. C'était un engagement technique.
Sakurai et son équipe ont dû négocier avec des dizaines de studios et éditeurs : Square Enix pour Cloud, Konami pour Snake, Sega pour Sonic, Microsoft pour Banjo & Kazooie, et même Disney pour Sora en DLC final. Chaque inclusion nécessitait des accords de licence, des validations de game design, et parfois des compromis sur le moveset.

Le moteur du jeu, un dérivé de celui de Smash 4, a été optimisé pour atteindre les 60 images par seconde en 1080p sur le mode docké — un exploit technique pour la Switch, surtout avec 8 joueurs simultanés.
Ce qui a marché
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Le roster, évidemment. Avoir Mario, Link, Pikachu, mais aussi Bayonetta, Ridley, King K. Rool, Inkling, et même le chasseur de Monster Hunter en Mii Costume, c'est un festival de références. Chaque combattant a son propre style, ses fans, ses techniques avancées.
Le gameplay. Smash Bros. a toujours été accessible : on peut gagner en mashing des boutons, mais la profondeur est vertigineuse. Les techniques avancées (edge-guarding, tech chasing, DI) offrent un plaisir quasi infini aux compétiteurs. Le système de pourcentage et de knockback rend chaque combat imprévisible et spectaculaire.
Le contenu solo. Le mode "Aventure : Le Monde des Lumières" est une surprise : une campagne de 20 à 30 heures qui revisite l'histoire de Nintendo à travers des combats à thème. Un vrai plus pour les joueurs solo.

La scène compétitive. Malgré quelques controverses (le nerf de Bayonetta, les problèmes de online), Ultimate a rapidement conquis les joueurs pros. Des tournois comme Genesis, EVO (jusqu'à son acquisition par Sony en 2021), et le Smash World Tour ont attiré des milliers de participants. Des joueurs comme MkLeo (Mexique), Tweek (USA), ou Sparg0 (Mexique) sont devenus des stars.
Ce qui a vieilli
Le netcode. C'est le point noir. Ultimate utilise un netcode delay-based, pas un rollback. En 2026, c'est rédhibitoire pour beaucoup. Les matchs en ligne sont souvent saccadés, surtout face à des adversaires éloignés. Des mods comme Slippi (pour Melee) ou des projets tiers ont montré que c'était possible, mais Nintendo n'a jamais mis à jour le online d'Ultimate.
Les graphismes. Même si le style cartoon vieillit bien, le jeu accuse le coup face aux productions 4K de la PS5 ou de la Series X. Les textures sont parfois floues, les ombres basse résolution. Sur un écran 4K, ça pique un peu.
Le roster DLC. Les 13 combattants additionnels (de Joker à Sora) ont coûté environ 60€ au total. Un investissement conséquent, même si la qualité était au rendez-vous. Certains fans regrettent que des personnages très demandés (Waluigi, Geno) n'aient jamais été inclus.
La gestion des mises à jour. Nintendo a arrêté les patchs équilibrant le jeu en décembre 2021. Depuis, la meta est figée, et certains personnages (Steve, Pyra/Mythra) dominent sans contre-mesure possible. La scène compétitive a dû s'adapter avec des bans maison.

L'héritage aujourd'hui
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Ultimate a redéfini ce qu'un crossover peut être. Avant lui, on avait des jeux comme Marvel vs Capcom ou PlayStation All-Stars, mais aucun n'avait cette ambition. Il a prouvé qu'on pouvait réunir des univers concurrents autour d'un gameplay solide et d'un amour sincère pour le jeu vidéo.
Il a aussi inspiré toute une génération de jeux de combat : Multiversus (Warner Bros.), Nickelodeon All-Star Brawl, ou encore Fraymakers. Aucun n'a égalé le succès d'Ultimate, mais ils ont tous bénéficié de la preuve par l'exemple que le public adore les crossovers.

La scène compétitive en 2026. Ultimate reste un pilier des tournois, même si Melee a conservé sa niche hardcore. Le Smash World Tour 2025 a rassemblé plus de 2 000 participants en ligne et en LAN. Les streams des meilleurs joueurs cumulent des centaines de milliers de vues sur Twitch.
Pourquoi y revenir en 2026
Parce qu'il n'existe toujours rien d'équivalent. Aucun autre jeu ne propose un roster aussi varié, un gameplay aussi accessible ET profond, et une célébration aussi sincère de l'histoire du jeu vidéo.
Si tu ne l'as jamais essayé, c'est le moment : la Switch est en fin de vie, les prix des jeux d'occasion sont bas (30-40€). Si tu l'as quitté après le mode solo, les DLC valent le détour : Joker (Persona 5), Steve (Minecraft), Sephiroth (Final Fantasy VII), Kazuya (Tekken) et Sora (Kingdom Hearts) sont des ajouts incroyables.
Et surtout, en 2026, la communauté est toujours là. Des milliers de joueurs en ligne, des tournois chaque semaine, des créateurs de contenu qui analysent chaque frame. Ultimate n'est pas un jeu mort : c'est un classique vivant.
L'avis du rédacteur
Je l'avoue, j'ai passé des centaines d'heures sur Ultimate. En solo, en local avec des potes, et même en online (malgré le netcode). Ce jeu est une prouesse d'équilibriste : il réussit à être à la fois un hommage, un jeu de combat compétitif, et un party game. Peu de jeux peuvent se vanter d'être tout ça à la fois.
Bien sûr, le online est frustrant. Bien sûr, le roster DLC coûte cher. Mais quand tu joues, tu oublies tout ça. Chaque combat est une histoire : un main Kirby qui bat un pro Steve, un duel Pikachu vs Fox qui dure 5 minutes, un comeback improbable à 150% de dégâts.
Ultimate n'est pas parfait. Mais il est unique. Et en 2026, c'est peut-être ce qui compte le plus.

Conclusion
Super Smash Bros. Ultimate restera comme le plus grand crossover jamais conçu. Pas seulement par son nombre de personnages, mais par la passion qui a guidé chaque décision. Sept ans après sa sortie, il continue d'être joué, étudié, célébré. Il a fixé une barre que personne n'a encore atteinte.
Et on attend déjà la suite. Nintendo travaillera-t-elle sur un nouveau Smash pour la Switch 2 ? Le netcode sera-t-il enfin à la hauteur ? Le roster pourra-t-il dépasser les 90 combattants ? L'avenir le dira. En attendant, Ultimate reste le roi du ring.




