Décembre 2018. Nintendo lance ce qui doit être le plus grand crossover de l'histoire du jeu vidéo. Sept ans plus tard, Super Smash Bros. Ultimate cumule 34 millions de ventes et une communauté toujours aussi féroce. Mais le roi des bastons est-il vraiment indétrônable ?
Tu t'en souviens, toi ? Ce 7 décembre 2018, des millions de joueurs dans le monde attendent fébrilement le dernier combat de leur console. Nintendo, après des années de teasing, livre enfin le roster ultime : 74 personnages de base, tous les anciens combattants, plus des nouveaux venus comme Inkling, Ridley ou Simon Belmont. L'ambition est folle. Le pari aussi : réunir Mario, Solid Snake, Pikachu et Cloud Strife dans le même jeu, sans que ça paraisse forcé. Et pourtant, ça marche. Sept ans plus tard, [Super Smash Bros. Ultimate](/jeux/super-smash-bros) reste une anomalie dans le paysage vidéoludique : un jeu de combat familial, technique, crossover, qui séduit autant le joueur du dimanche que le compétiteur acharné.
En bref
- Date de sortie : 7 décembre 2018 sur Nintendo Switch
- Ventes : 34,22 millions d'exemplaires (au 31 mars 2024, source : Nintendo)
- Roster : 89 combattants au total (DLC inclus)
- Notes critiques : Metacritic 93/100 (presse), 8.7/10 (joueurs)
- Scène compétitive : présente à l'Evo depuis 2019, plus de 3 000 entrants en 2024
- Statut actuel : toujours supporté, mises à jour de bilan régulières, tournois majeurs organisés par Nintendo et la communauté

Le pari de l'époque
Revenons un peu en arrière. En 2018, la Switch cartonne, mais la concurrence est rude. Sony domine avec God of War et Spider-Man, Microsoft prépare le Game Pass. Nintendo, de son côté, mise sur le rassemblement. Masahiro Sakurai, le créateur de la série, annonce dès 2017 que ce nouvel opus sera le plus ambitieux possible : "Nous voulions que chaque personnage de l'histoire de Smash soit présent, même si cela signifiait des années de négociations avec les ayants droit." Un pari risqué. Les droits de personnages comme Snake (Konami) ou Cloud (Square Enix) coûtent cher et demandent des accords complexes. Pourtant, Sakurai et son équipe tiennent le cap. Le résultat : un roster qui traverse les générations et les éditeurs.

Ce qui a marché
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Le gameplay d'Ultimate est un équilibre quasi parfait entre accessibilité et profondeur. Les commandes sont simples : un bouton pour attaquer, un pour sauter, un pour le bouclier. Mais derrière cette apparente simplicité se cache un système technique redoutable. Les "short hops", les "fast falls", les "techs" et les combos spécifiques à chaque personnage demandent des centaines d'heures de pratique. Le résultat ? Un jeu que tu peux prendre en main en 5 minutes et maîtriser en 500 heures.
La direction artistique est également un sans-faute. Chaque personnage est rendu dans un style cartoon cohérent, avec des animations qui respectent leur univers d'origine. Mario saute comme dans Super Mario, Samus charge son canon comme dans Metroid. Les stages, eux, regorgent de références et de clins d'œil.

La scène compétitive, elle, explose littéralement. Dès 2019, Super Smash Bros. Ultimate est présent à l'Evo, le plus grand tournoi de jeux de combat au monde. Des joueurs professionnels comme MKLeo (Mexique) ou Sparg0 (Mexique) deviennent des stars. Les tournois RLCS (Rocket League Championship Series) et les événements BLAST côtoient désormais des compétitions Smash. Des organisations esport comme Team SoloMid ou Cloud9 recrutent des joueurs Smash. Le jeu devient un pilier du compétitif.
Ce qui a vieilli
Mais tout n'est pas parfait. Le système de matchmaking en ligne, lui, a mal vieilli. Basé sur un ranking global (GSP) qui mélange tous les modes, il est frustrant. Tu peux tomber sur un joueur casual ou sur un pro en training, sans distinction. Les serveurs peer-to-peer (P2P) ajoutent une latence variable. En 2026, avec des jeux comme Street Fighter 6 ou Tekken 8 qui proposent du rollback netcode, Smash fait figure de dinosaure technique.
Autre point : l'absence de crossplay. Sur Nintendo Switch, tu ne joues qu'avec d'autres joueurs Switch. Pas de PC, pas de Xbox, pas de PlayStation. Alors que des jeux comme Fortnite ou Rocket League unissent les plateformes, Smash reste dans sa bulle. Dommage, quand on sait que la communauté PC (via l'émulateur Yuzu) propose des solutions de netcode bien supérieures.

L'héritage aujourd'hui
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Super Smash Bros. Ultimate, c'est un héritage immense. Il a popularisé le genre "platform fighter" (jeu de combat en plateforme) bien au-delà du cercle des initiés. Des jeux comme Multiversus (Warner Bros.) ou Nickelodeon All-Star Brawl s'en inspirent directement. Même Brawlhalla, le free-to-play d'Ubisoft, doit beaucoup à la formule Smash.
Le jeu a aussi permis de faire découvrir des franchises oubliées. Qui connaissait encore les Ice Climbers avant Smash ? Ou le duo Banjo-Kazooie, ressuscité en DLC en 2019 ? Nintendo a compris que Smash était une vitrine : chaque personnage ajouté relance l'intérêt pour sa série d'origine.
La communauté, elle, continue de tourner. Des tournois comme le Smash World Tour (annulé en 2022, puis relancé en 2024) attirent des milliers de spectateurs. Des joueurs pros comme MkLeo (considéré comme le meilleur joueur du monde) ou Sparg0 enchaînent les victoires. Des rosters complets d'équipes pro comme Moist Esports ou FlyQuest Red s'affrontent chaque semaine.
| Aspect | 2018 | 2026 |
|---|---|---|
| Graphismes | 1080p/60fps docké, 720p portable | Toujours propre, mais daté face aux jeux Switch 2 |
| Ventes | 5 millions au lancement | 34,22 millions (source : Nintendo, mars 2024) |
| Communauté | 500 joueurs à l'Evo 2019 | 3 000+ à l'Evo 2024 |
| Prix | 59,99 € | 59,99 € (toujours stable) |

Pourquoi y revenir en 2026
Sept ans après, pourquoi y rejouer ? D'abord, parce que le roster est toujours inégalé. 89 combattants, c'est un choix vertigineux. Chaque semaine, tu peux changer de personnage et redécouvrir le jeu. Ensuite, parce que la communauté est toujours active. Les tournois en ligne, les ligues communautaires, les streams Twitch : tout est là.
Mais surtout, parce que le jeu est un formidable terrain d'apprentissage. Tu veux comprendre la notion de "neutral game" ? Smash te l'enseigne. Tu veux maîtriser le "spacing" et le "punish" ? Smash te les offre. C'est un jeu de combat d'une richesse mécanique rare, qui récompense la créativité et l'adaptation.

L'avis du rédacteur
On va être honnête : Super Smash Bros. Ultimate, c'est un chef-d'œuvre imparfait. Le meilleur jeu de combat jamais conçu pour une soirée entre amis, mais un jeu en ligne frustrant. La plus belle lettre d'amour à l'histoire du jeu vidéo, mais un titre qui aurait mérité un netcode digne de ce nom.
Pourtant, on y revient. Encore et encore. Parce que chaque partie raconte une histoire. Parce que chaque personnage est un univers à explorer. Parce que, même 7 ans après, on découvre encore des techniques, des combos, des interactions qu'on n'avait jamais vues.
C'est ça, le génie de Sakurai : créer un jeu qui ne s'épuise jamais. Un jeu où le noob peut battre le pro avec un bon item. Un jeu où le pro peut humilier le noob avec un simple tilt. Un jeu où tout est possible.
Conclusion
Super Smash Bros. Ultimate n'est pas parfait. Mais il est unique. Il a redéfini ce qu'un crossover pouvait être : non pas un simple mashup marketing, mais une célébration sincère et passionnée de la culture vidéoludique. Il a inspiré toute une génération de jeux de combat, et sa communauté, plus vivante que jamais, prouve que le roi n'est pas mort.
Alors, 7 ans après, le king du crossover est-il toujours indétrônable ? Oui, probablement. Jusqu'à ce que Nintendo sorte une Switch 2 avec un nouveau Smash. Mais en attendant, Ultimate reste la référence. Et toi, tu joues encore ?




