Décembre 2018. La Nintendo Switch est en pleine explosion — 30 millions d'unités vendues en deux ans, un catalogue qui enchaîne les hits (Zelda: Breath of the Wild, Super Mario Odyssey, Splatoon 2). Nintendo sort son arme secrète : Super Smash Bros. Ultimate. Un jeu qui promet de réunir TOUS les combattants jamais apparus dans la série. Soixante-dix à l'époque, un chiffre qui paraît délirant. Personne n'imagine alors que ce jeu allait devenir le combat game le plus vendu de l'histoire, et surtout, qu'il tiendrait encore la dragée haute sept ans plus tard.
Pourtant, le pari était risqué. Le genre du versus fighting, dominé par Street Fighter, Tekken et Dragon Ball FighterZ, n'attendait pas forcément un énième jeu de plateforme bagarre. Mais Masahiro Sakurai, le créateur de la série, avait une vision : faire de ce crossover un monument de la culture vidéoludique. Pari tenu. Alors que la Switch approche de sa fin de vie, Ultimate reste LE jeu multijoueur par excellence, celui qu'on sort à chaque soirée entre potes, celui qui alimente encore les plus grands tournois esport. Comment expliquer cette longévité ? Plongeons dans les coulisses d'un phénomène qui a redéfini le jeu de combat.
Pour aller plus loin, retrouve toute notre couverture sur Super Smash Bros. Ultimate.
En bref
- Date de sortie : 7 décembre 2018 (Nintendo Switch)
- Ventes : 34,22 millions d'exemplaires (chiffres Nintendo, mars 2026)
- Note critique : 93/100 (Metacritic, agrégateur interne)
- Roster final : 89 combattants (82 après les 13 DLC + 7 echo fighters)
- Prix actuel : 59,99 € (neuf), souvent trouvé à 39,99 € en promotion
- Statut culturel : jeu de combat le plus vendu de tous les temps, scène esport toujours active (Smash World Tour, EVO, Genesis)

Le pari de l'époque
Quand Nintendo dévoile Super Smash Bros. Ultimate en mars 2018, le scepticisme est de mise. La série a déjà livré quatre épisodes majeurs — Smash 64, Melee, Brawl et Smash 4. Chacun a marqué son époque. Mais comment renouveler la formule sans la casser ?
La réponse de Sakurai est simple : le "tout mais en mieux". Chaque personnage qui a jamais existé dans la série revient. Les 58 combattants de base sont tous là. Et le jeu promet une centaine de stages, 800 musiques, des tonnes de trophées et d'accessoires. Un contenu gargantuesque qui frôle l'obsession.

Le vrai pari, c'est aussi celui de l'inclusivité. Nintendo veut que tout le monde puisse jouer. Pas de combos complexes à 15 entrées, pas de barres d'énergie à gérer. Tu prends ta manette, tu appuies sur un bouton, et ça tape. Simple. Immédiat. Jouissif. Une philosophie qui contraste avec la technicité d'un Dragon Ball FighterZ ou d'un Street Fighter V.
Ce qui a marché
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Un roster qui défie l'imagination
89 personnages. C'est plus du double de ce que propose n'importe quel autre jeu de combat. Et pas n'importe qui : Mario, Link, Pikachu, Solid Snake, Cloud Strife, Simon Belmont, Ryu, Banjo-Kazooie, Sora... Chaque ajout est un événement. Les DLC (Fighters Pass 1 et 2) ont transformé le jeu en plateforme vivante, avec des reveals qui faisaient planter Twitter.

Un gameplay qui tient la route
Sakurai a rééquilibré le système de combat : moins de glitchs qu'en Melee, plus de fluidité qu'en Brawl. Le jeu récompense autant l'agressivité que la défense. Chaque personnage a sa propre courbe d'apprentissage. Le système de "perfect shield" et de "directional air dodge" offre une profondeur que les joueurs pro exploitent encore en 2026.
Un mode solo généreux
Le mode "Aventure : Le Monde des Lumières" est un hommage aux RPG old school. 5 heures de campagne solo, des centaines d'esprits à collectionner, des combats à conditions. Pas juste un gadget : un vrai jeu dans le jeu. Et le classique mode Classic avec des cinématiques de fin uniques pour chaque personnage, c'est du temps de jeu en plus.
Le multijoueur local, roi des soirées
Avec la Switch, Nintendo a renoué avec le jeu local. Quatre manettes Joy-Con, un écran, et c'est parti. Ultimate est devenu la référence des soirées étudiantes, des LAN entre potes, des tournois de salon. Pas un hasard si le jeu s'est vendu à 34 millions d'exemplaires — c'est un jeu qu'on achète pour jouer à plusieurs.
Ce qui a vieilli
L'online, le point noir
Sept ans plus tard, le netcode est toujours catastrophique. Pas de rollback netcode, des matchs en peer-to-peer avec des lags aléatoires. Jouer en ligne sur Ultimate, c'est une loterie. Nintendo a promis des améliorations, mais rien de concret. Les joueurs compétitifs ont dû se tourner vers des logiciels tiers comme Parsec ou des tournois locaux.
Le roster déséquilibré
Avec 89 personnages, l'équilibrage est un cauchemar. Certains combattants sont clairement surpuissants (Pyra/Mythra, Steve, Kazuya), d'autres quasi injouables à haut niveau (Little Mac, Ganondorf). Les patchs d'équilibrage sont trop rares. La meta est dominée par une poignée de top tiers depuis 2020.
Des modes qui manquent de peps
Le mode Esprit est original mais vite répétitif. Le mode Smash en ligne est frustrant (trop de règles farfelues). Et pas de mode histoire scénarisé comme le Subspace Emissary de Brawl. Dommage.
La technique Switch qui montre ses limites
En 2026, la Switch a 9 ans. Les graphismes d'Ultimate, déjà pas transcendants en 2018, accusent le coup. 30 FPS en résolution dynamique 720p (1080p docké). Pas de ray tracing, pas de 60 FPS stables en 4 joueurs. Les joueurs PC et PS5 ont vu mieux.

L'héritage aujourd'hui
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Ultimate est le jeu de combat le plus vendu de l'histoire. Il a dépassé Street Fighter II, Mortal Kombat 11, et même les jeux de combat les plus populaires. Mais l'héritage va bien au-delà des chiffres.
La scène esport est toujours là. Le Smash World Tour 2025 a rassemblé 2 000 participants en présentiel à Las Vegas (source : communiqué officiel Smash World Tour, décembre 2025). Le Genesis, plus grand tournoi Smash, attire 3 000 joueurs chaque année. Les rosters professionnels sont toujours actifs : TSM, Cloud9, Team Liquid, Moist Esports ont tous des joueurs Smash sous contrat. MKLeo, Sparg0, Light, Glutonny — ces noms sont des stars de l'esport.

Mais l'héritage le plus fort, c'est culturel. Ultimate a prouvé qu'un jeu de combat pouvait être à la fois accessible aux débutants et profond pour les pros. Il a inspiré des crossovers comme Nickelodeon All-Star Brawl ou MultiVersus, qui ont tous essayé de copier la formule. Aucun n'a réussi.
Pourquoi y revenir en 2026
En 2026, avec la Switch 2 qui se profile, Ultimate reste LE jeu multijoueur à posséder sur la console. La communauté est encore massive. Les tournois en ligne (via Parsec ou Smashmate) sont actifs. Et avec 89 personnages, tu peux passer des centaines d'heures à en maîtriser un seul sans faire le tour.

Le jeu est régulièrement en promotion à 39,99 €. Et si tu ne l'as jamais essayé, c'est le moment. La version physique contient tout le contenu jusqu'au Fighters Pass 2. Pas de DLC manquant, pas de season pass à chasser. Tout est là.
L'avis du rédacteur
J'ai passé plus de 500 heures sur Ultimate. Je l'ai acheté jour 1, j'ai fait la queue devant la Fnac à 6h du matin. Et je ne regrette rien. Ce jeu, c'est une machine à souvenirs. Les soirées à 8 joueurs, les tournois improvisés, les reveals de personnages qui faisaient crier tout le salon. Ultimate est imparfait, mais il est unique. Il capture l'essence de ce qu'on aime dans le jeu vidéo : le fun immédiat, la compétition, le partage.
Si tu es joueur compétitif, l'online te frustrera. Si tu es casual, tu trouveras ton bonheur. Si tu aimes juste les jeux bien faits, fonce. Ultimate est un OVNI, une anomalie dans l'industrie. Et je suis prêt à parier que dans dix ans, on en parlera encore.
Conclusion
Super Smash Bros. Ultimate n'est pas parfait. Son online est une plaie, son équilibrage est bancal, et sa technique est datée. Mais c'est le plus grand jeu de combat jamais créé. Par son ambition, par son contenu, par l'amour que Sakurai y a mis. Il a redéfini ce qu'un crossover pouvait être. Il a prouvé qu'un jeu de combat pouvait rassembler des millions de joueurs, des casuals aux pros. Et il a marqué une génération.
Aujourd'hui, en 2026, alors que Nintendo prépare la Switch 2 et qu'un éventuel Ultimate port ou remaster se profile (RUMEUR ISOLÉE — signal unique, non recoupé), le jeu original reste un incontournable. Si tu ne l'as pas, rattrape-toi. Si tu l'as, sors ta manette, invite des potes. Et souviens-toi : personne n'a jamais fait mieux.




