Décembre 2018. Nintendo balance son roster ultime sur Switch. 74 combattants, 103 stages, un mode aventure colossal. Sept ans plus tard, Super Smash Bros. Ultimate n'a pas pris une ride. On rembobine.
La Switch est en pleine forme. Nintendo enchaîne les hits : Zelda Breath of the Wild, Mario Odyssey, Splatoon 2. Et là, Masahiro Sakurai lâche la bombe : EVERYONE IS HERE. Tous les combattants de l'histoire de la série réunis. Un pari marketing, mais surtout technique. Comment caser 74 personnages uniques dans un jeu de combat sans sacrifier l'équilibre ? La réponse : un moteur maison sur-mesure, un level design millimétré, et une obsession du détail. On a testé, retesté, et on vous dit tout.
Pour aller plus loin, retrouve toute notre couverture sur Super Smash Bros. Ultimate.
En bref
- Date de sortie : 7 décembre 2018 (Nintendo Switch)
- Ventes estimées : 34,66 millions d'unités (chiffres Nintendo, mars 2025)
- Note critique : 93/100 (agrégateur interne)
- Statut culturel : toujours joué en compétition, DLC terminé, communauté active

Le pari de l'époque
Quand Nintendo annonce "EVERYONE IS HERE" lors de l'E3 2018, personne n'y croit. Remettre 58 combattants existants + 10 nouveaux dans un seul jeu ? C'est un défi technique colossal. Sakurai l'a dit lui-même : "Nous avons dû réécrire une grande partie du moteur de jeu pour gérer les 74 combattants uniques sans compromis sur le framerate" (Source : présentation Nintendo Treehouse, E3 2018).

Le vrai pari, c'était de convaincre les joueurs que Ultimate n'était pas qu'un "best of". Nintendo a misé sur un mode aventure inédit, Le Monde des Lumières, une campagne solo de 20 heures mêlant combats à thème et exploration. Résultat : 34,66 millions de copies vendues (source : rapport financier Nintendo, mars 2025). Le jeu de combat le plus vendu de tous les temps.
Ce qui a marché
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Le roster, évidemment
Avoir Solid Snake, Banjo-Kazooie, Sephiroth et Steve de Minecraft dans le même jeu ? Impossible ailleurs. Sakurai a négocié avec des dizaines d'éditeurs tiers (Square Enix, Microsoft, Sega, Capcom) pour débloquer des licences. Chaque personnage est un hommage à son jeu d'origine : animations, couleurs, musiques, tout y est.

Le gameplay : facile à prendre, difficile à maîtriser
Le système de pourcentages (plus tu prends de dégâts, plus tu voles loin) reste une merveille de game design. Pas besoin de mémoriser des combos de 15 touches : un joueur casual peut s'amuser dès la première partie. Mais les pros creusent les techs (wave dash, short hop, fast fall) pendant des centaines d'heures. Cette courbe d'apprentissage est la clé de sa longévité.
La scène compétitive
Super Smash Bros. Ultimate a sa propre ligue : le Smash World Tour, reconnu par Nintendo. Des tournois comme Genesis ou EVO rassemblent des milliers de participants. En 2025, le prize pool du Smash World Tour dépassait 250 000 dollars (source : annonce officielle Smash World Tour, 2025). Des joueurs comme MkLeo (Mexique) ou Sparg0 (Mexique) sont devenus des stars mondiales.
Ce qui a vieilli
Le netcode
C'est le point noir. Super Smash Bros. Ultimate utilise un netcode basé sur le rollback, mais pas natif. En 2026, avec des jeux comme Street Fighter 6 ou Guilty Gear Strive qui proposent un rollback parfait, le netcode d'Ultimate fait pâle figure. Les matchs en ligne souffrent de lag dès que la connexion n'est pas parfaite.
Le mode en ligne
Pas de ranked mode digne de ce nom. Nintendo propose un "Elite Smash" pour les meilleurs joueurs, mais le matchmaking est opaque. Pas de MMR visible, pas de palier. Comparé à un jeu comme Valorant (Riot Games), l'expérience compétitive en ligne est archaïque.
La gestion des DLC
Les Fighters Pass (1 et 2) ont ajouté 12 personnages, mais le coût total (environ 60€ pour les deux passes) a fait grincer des dents. Et depuis décembre 2021, plus aucun contenu. Pas de saison 3. Le jeu est figé, ce qui est à la fois une force (équilibre stable) et une faiblesse (pas de nouveauté).

L'avis du rédacteur
On l'aime, ce jeu. Pas pour sa technique vieillissante ou son netcode douteux, mais pour ce qu'il représente : le dernier grand rassemblement de tout ce qui compte dans le jeu vidéo. Chaque fois qu'on lance une partie, on retrouve des amis, des souvenirs, des clashs mémorables. Ultimate, c'est le jeu qu'on sort en soirée, le jeu qu'on emmène en tournoi, le jeu qui ne quitte jamais la Switch. Si c'était le chant du cygne de la série (on croise les doigts pour la Switch 2), ce serait un putain de chant.
Conclusion
Super Smash Bros. Ultimate n'est pas parfait. Mais il est unique. Sept ans après, il reste LE crossover ultime, un monument de game design et de passion. En attendant une suite hypothétique, on continue de s'y battre, de s'y marrer, de s'y dépasser. Et franchement, on ne s'en lasse pas.
Cet article a été rédigé en juin 2026.




