Décembre 2018. Le monde du jeu vidéo retient son souffle. Nintendo vient de lâcher une bombe : Super Smash Bros Ultimate, le dernier épisode de la saga sur Switch, promet de rassembler TOUS les combattants de l'histoire de la série. Un pari fou, presque arrogant. Et pourtant, c'est exactement ce que Masahiro Sakurai a livré.
On s'en souvient comme si c'était hier. L'annonce du roster complet – 74 personnages de base, puis 89 avec les DLC – a fait l'effet d'un séisme. Chaque combattant, de Mario à Snake, en passant par Ridley et King K. Rool, avait sa place. Et le pire, c'est que ça fonctionnait. Super Smash Bros Ultimate n'était pas juste un jeu de combat : c'était une célébration de l'histoire du jeu vidéo. Un musée interactif où chaque coup, chaque stage, chaque morceau de musique racontait une histoire.
En bref
- Date de sortie : 7 décembre 2018 (Nintendo Switch)
- Ventes : 34,22 millions d'exemplaires (chiffres Nintendo, mars 2024)
- Roster : 89 combattants (74 de base + 15 DLC)
- Musiques : plus de 1000 morceaux
- Scène compétitive : toujours active, avec des tournois majeurs comme le Smash World Tour
- Statut culturel : considéré comme le meilleur jeu de combat crossover de tous les temps

Le pari de l'époque
En 2018, Nintendo jouait gros. La Switch, lancée en 2017, cartonnait déjà, mais la saga Smash n'avait pas eu de nouvel épisode depuis la Wii U en 2014. Et cet épisode, Smash for Wii U, avait déçu par son roster réduit et l'absence de mode solo digne de ce nom. Sakurai devait frapper fort.
Le concept d'Ultimate était simple mais audacieux : ramener TOUS les personnages jamais apparus dans un Smash, y compris les exclus des opus précédents. Un défi technique monstre. Chaque combattant devait être rééquilibré, chaque stage repensé. Et il fallait ajouter de nouveaux venus.
Le résultat ? Un jeu qui pesait plus de 13 Go, avec un roster de 74 personnages au lancement – un record absolu pour un jeu de combat. Chaque combattant avait son propre moveset, ses propres animations, ses propres voix. C'était un travail de titan, et Sakurai l'a avoué : ce serait son dernier Smash. Il y a laissé sa santé.

Ce qui a marché
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Un gameplay toujours aussi solide
Le cœur de Smash, c'est sa jouabilité accessible mais profonde. Quatre boutons, un stick, et tu peux enchaîner les coups. Mais derrière cette apparente simplicité se cache un système de combat d'une richesse folle : déplacements aériens, esquives, contres, grab, edgeguarding. Chaque personnage a ses propres combos, ses propres techniques avancées. Le tout avec un game feel parfait : chaque coup a du poids, chaque impact est satisfaisant.
Ultimate a affiné ce système. Les mouvements sont plus rapides, les combos plus fluides, et l'équilibrage global est le meilleur de la série. Les personnages autrefois injouables (comme Little Mac) restent faibles, mais aucun n'est vraiment inutile. La courbe d'apprentissage est douce, mais le plafond de compétence est stratosphérique.
Un contenu gargantuesque
C'est le point fort du jeu. Outre les 89 combattants, tu as des modes de jeu pour tous les goûts : le mode classique avec des routes uniques pour chaque personnage, le mode aventure World of Light (une carte géante avec des centaines de combats), les tournois, le online. Et puis il y a les spiritboards : des centaines d'esprits à collectionner, chacun avec ses propres effets, pour customiser ton gameplay. Un vrai gouffre à temps.
Une bande-son légendaire
Plus de 1000 morceaux. Des remix de classiques Nintendo, des medleys épiques, des morceaux de Square Enix, Capcom, Sega, Konami... Chaque stage a sa propre ambiance sonore. C'est une caverne d'Ali Baba pour les fans de musique de jeu vidéo.

Ce qui a vieilli
Un online toujours perfectible
C'est le talon d'Achille de la série. Le netcode de Smash Ultimate est basé sur un système peer-to-peer avec delay-based netcode, pas de rollback. En 2026, c'est un anachronisme. Les matchs en ligne sont souvent instables, avec du lag et des déconnexions. Nintendo a amélioré le matchmaking avec des mises à jour, mais le cœur du problème reste. Pour jouer à un niveau compétitif, tu dois te tourner vers des solutions tierces comme le Smash Ladder ou des tournois locaux.
Le mode World of Light : un peu longuet
L'idée est bonne : une carte géante où tu débloques des combattants en affrontant des esprits. Mais la progression est monotone, les combats se ressemblent, et la difficulté est inégale. On aurait aimé un vrai mode aventure narratif, comme Subspace Emissary dans Brawl.
Quelques personnages absents
Même avec 89 combattants, des regrets subsistent. Pas de Waluigi, pas de Geno, pas de Crash Bandicoot. Et certains fans pleurent encore l'absence de certains veterans comme Ice Climbers (pourtant présents, mais nerfés). C'est le lot de tout crossover : impossible de contenter tout le monde.

L'héritage aujourd'hui
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Super Smash Bros Ultimate a marqué un tournant. Il a montré qu'un jeu de combat pouvait être à la fois un hommage et une vitrine technique. Il a inspiré d'autres crossovers : Nickelodeon All-Star Brawl, Multiversus, et même le prochain jeu de combat de Disney. Mais aucun n'a égalé l'ambition d'Ultimate.
La scène compétitive, elle, est toujours là. Des tournois comme le Smash World Tour (SWT) ou le Genesis rassemblent des milliers de joueurs. Les championnats du monde, organisés par Nintendo, sont des événements majeurs. Les joueurs pro comme MkLeo, Sparg0 ou Light sont des stars. Le jeu a même été présent aux Jeux Olympiques de l'esport 2024 (source : communiqué officiel du CIO, 2024).
Mais l'héritage, c'est aussi une communauté. Des milliers de fans créent des mods, des compilations de combos, des analyses. Le jeu est encore joué en ligne, et les streams Twitch attirent des milliers de spectateurs. C'est un jeu qui ne meurt pas.

Pourquoi y revenir en 2026
Sept ans après sa sortie, Super Smash Bros Ultimate reste le meilleur jeu de combat sur Switch. Si tu ne l'as jamais essayé, c'est le moment : le roster est complet, les DLC sont inclus dans les éditions récentes, et la communauté est toujours active. C'est un jeu parfait pour les soirées entre amis, mais aussi pour le ranked si tu veux te frotter aux meilleurs.
Et puis, il y a l'espoir d'une suite. Nintendo a teasé un successeur pour la Switch 2, et les rumeurs vont bon train. En attendant, Ultimate reste la référence. Il a vieilli sur quelques points (online, mode aventure), mais son gameplay, son contenu et son âme sont intacts.
Alors vs Maintenant
| Aspect | 2018 | 2026 |
|---|---|---|
| Graphismes | 1080p docké, 720p portable, 60 fps constants | Toujours solides, mais datés face aux jeux PS5/XSX |
| Roster | 74 combattants | 89 combattants (DLC inclus) |
| Ventes | 12 millions (décembre 2018) | 34,22 millions (mars 2024) |
| Communauté | Active, en pleine croissance | Mature, structurée, tournois mondiaux |
| Prix | 59,99 € | 49,99 € (édition standard) |
| Online | Peer-to-peer, lag fréquent | Toujours peer-to-peer, mais meilleur matchmaking |
L'avis du rédacteur
On va être honnête : on adore Smash Ultimate. C'est un jeu qui nous a pris des centaines d'heures, et on y revient encore régulièrement. Son gameplay est addictif, son contenu est monumental, et son ambiance est unique. Mais on ne peut pas fermer les yeux sur ses défauts : un online à la ramasse, un mode aventure inabouti, et une absence de nouveautés depuis le dernier DLC (octobre 2021).
Ce qui nous fait revenir, c'est la communauté. Les tournois locaux, les soirées entre potes, les combats épiques où tout peut arriver. Smash, c'est plus qu'un jeu : c'est un phénomène social. Et ça, aucun autre jeu de combat ne l'a reproduit.

Conclusion
Super Smash Bros Ultimate est un monument. Pas parfait, mais indispensable. Il a su capturer l'essence du crossover : célébrer le jeu vidéo dans toute sa diversité. Sept ans après, il reste le roi incontesté du genre. Alors, si tu as une Switch et que tu ne l'as pas, fonce. Et si tu l'as déjà, sors-le, invite des potes, et bats-toi.
En attendant, on rêve déjà d'une suite sur Switch 2. Mais en attendant, on a encore des centaines d'heures à passer sur Ultimate. Et on ne va pas s'en priver.




