Décembre 2018. La Nintendo Switch a déjà conquis 30 millions de foyers. Le monde du jeu vidéo attend le grand retour de la saga Smash Bros., mais personne n'imagine l'ampleur du raz-de-marée qui s'annonce. Nintendo, avec Sora Ltd. aux commandes, promet « le plus grand roster de l'histoire du jeu de combat ». Promesse tenue : 74 combattants à la sortie, 89 après les DLC. Un chiffre qui donne le tournis.
On a voulu revenir sur ce qui fait de Super Smash Bros. Ultimate un cas unique dans l'histoire du jeu vidéo. Sept ans plus tard, est-ce que le titre tient encore la route ? Est-ce qu'il mérite toujours son statut de roi du crossover ? La réponse est oui, mais pas pour les raisons que tu crois.
Pour aller plus loin, retrouve toute notre couverture sur Super Smash Bros. Ultimate.
En bref
- Date de sortie : 7 décembre 2018 (Nintendo Switch)
- Développeur : Sora Ltd. / Bandai Namco Studios
- Éditeur : Nintendo
- Ventes estimées : 34,66 millions d'exemplaires (mars 2024, source : Nintendo)
- Personnages : 89 combattants (base + Fighters Pass Vol.1 & 2)
- Note critique moyenne : 93/100 sur Metacritic (source : Metacritic, outil interne)
- Statut actuel : Toujours actif en ligne, tournois majeurs réguliers (Genesis, EVO), communauté vibrante

Le pari de l'époque
Quand Nintendo annonce Super Smash Bros. Ultimate lors du Nintendo Direct de mars 2018, le scepticisme est de mise. La saga, née en 1999 sur Nintendo 64, a déjà livré quatre opus principaux. Le dernier, Super Smash Bros. for Wii U / 3DS, avait bien fonctionné (15 millions d'unités combinées), mais la formule commençait à montrer ses limites : roster pléthorique mais déséquilibré, contenu solo anémique, netcode perfectible.
Le pari d'Ultimate est double : d'abord, réunir ABSOLUMENT TOUS les combattants jamais apparus dans la série. Un défi technique et juridique colossal. Ensuite, proposer un contenu solo digne de ce nom avec le mode « Aventure : La Lumières des Mondes ». Masahiro Sakurai, le créateur de la série, avouera plus tard que le projet l'a « presque tué » (source : entretien Famitsu, 2019, cité par source primaire Nintendo).

Ce qui a marché
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Un roster sans précédent
Le mot « Ultimate » n'est pas un slogan marketing. C'est une promesse tenue. 74 combattants de base, rejoints par 12 DLC via deux Fighters Pass. Chaque personnage ramène son propre moveset, son stage, sa musique. On passe de Mario à Final Fantasy VII, de Splatoon à Castlevania, de Persona 5 à Banjo-Kazooie. La diversité est étourdissante.
Un gameplay affiné
Sakurai et son équipe ont peaufiné le système de combat : les déplacements sont plus fluides, les coups mieux équilibrés, la vitesse globale augmentée. Le jeu est immédiatement accessible pour un débutant, mais offre une profondeur de malade pour les compétiteurs. Les « techniques avancées » comme le short hop aerial ou le directional influence permettent un skill gap énorme.
Un contenu solo généreux
Le mode aventure « La Lumières des Mondes » propose une carte immense avec des centaines de combats à thème, des esprits à collectionner (1 500 au total), et un vrai défi final. C'est le meilleur mode solo de la série, même si sa progression peut devenir répétitive sur la durée.
Une scène compétitive en feu
Dès sa sortie, Ultimate devient le pilier des tournois de combat Nintendo. Des événements comme Genesis, EVO, ou Smash Con attirent des milliers de participants. La scène compétitive est portée par des joueurs pro légendaires : MkLeo (Mexique, considéré comme le meilleur joueur du monde), Tweek, Light, Glutonny (français, top mondial). L'organisation esport autour du jeu est l'une des plus solides du genre.

Ce qui a vieilli
Le netcode, toujours à la ramasse
Sept ans après, le netcode de Ultimate est son point faible le plus criant. Basé sur un système delay-based (et non rollback), les matchs en ligne souffrent de latence dès que la connexion n'est pas parfaite. C'est rédhibitoire pour les joueurs compétitifs, et ça limite l'attrait du jeu en 2026 face à des concurrents comme Street Fighter 6 ou Guilty Gear Strive, qui ont adopté le rollback.
L'absence de mises à jour majeures
Depuis la sortie du dernier DLC (Sora, octobre 2021), le jeu n'a reçu aucune mise à jour de contenu significative. Les patchs d'équilibrage sont rares et souvent mineurs. La méta s'est figée, ce qui peut lasser les joueurs réguliers.
Le mode aventure, inégal
« La Lumières des Mondes » est ambitieux, mais sa structure répétitive (enchaîner des combats sur des cases) lasse au bout de 10 heures. Les combats d'esprits manquent de variété, et l'histoire est quasi inexistante.

L'héritage aujourd'hui
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Super Smash Bros. Ultimate est le jeu de combat le plus vendu de l'histoire (source : Nintendo, 2024). Il a dépassé les 34 millions d'exemplaires, soit plus que Street Fighter II (15 millions) et Tekken 7 (10 millions) réunis. C'est un monument.
Son influence dépasse le jeu vidéo : il a popularisé le concept de crossover auprès du grand public, inspirant des jeux comme Nickelodeon All-Star Brawl ou MultiVersus. Il a aussi prouvé qu'un jeu de combat « accessible » peut être compétitif au plus haut niveau.
La scène compétitive reste active : des tournois comme Genesis X (2025) ont rassemblé plus de 2 000 participants. Des roster d'équipes pro comme Team Liquid ou Panda Global continuent de sponsoriser des joueurs. Mais l'absence de rollback et de nouveau contenu fait que la communauté regarde déjà vers l'avenir.

Pourquoi y revenir en 2026
Si tu n'as jamais touché à Ultimate, c'est le moment. Le jeu est complet, tous les DLC sont disponibles (environ 80€ le tout, souvent en promo). Le roster est le plus fou jamais assemblé. La scène en ligne, bien que perfectible, est toujours active. Et avec l'arrivée probable de la Switch 2, on peut espérer une version améliorée ou une suite.
Pour les vétérans, le jeu reste un excellent terrain d'entraînement. Les tournois locaux et en ligne sont nombreux. Le skill cap est si élevé que tu peux passer des centaines d'heures à maîtriser un seul personnage.
Alors vs Maintenant
| Aspect | 2018 (sortie) | 2026 (aujourd'hui) |
|---|---|---|
| Graphismes | Très bons pour la Switch | Datés (pas de 4K, textures simples) |
| Roster | 74 combattants | 89 combattants (DLC inclus) |
| Ventes cumulées | 5 millions (première semaine) | 34,66 millions (source : Nintendo) |
| Communauté en ligne | Très active, peak 100k joueurs | Active mais en baisse, 20k joueurs simultanés estimés |
| Prix neuf | 59,99 € | 59,99 € (souvent 39,99 € en promo) |
| Netcode | Delay-based | Toujours delay-based (aucune mise à jour) |
L'avis du rédacteur
Ultimate est un chef-d'œuvre. Un jeu qui tient la promesse de son titre. Mais en 2026, il commence à accuser son âge. Le netcode est un frein énorme, et l'absence de nouveautés depuis 2021 se fait sentir. Pourtant, dès que tu lances une partie en local avec des potes, la magie opère toujours. C'est un jeu qui transcende son support. Je lui pardonne ses défauts parce qu'il offre des moments uniques : un combat entre Solid Snake et Pikachu, c'est du jamais vu ailleurs. Si tu ne l'as pas, fonce. Si tu l'as, sors-le de ta bibliothèque et fais un tournoi.

Conclusion
Super Smash Bros. Ultimate restera dans l'histoire comme le crossover ultime. Pas seulement pour son roster, mais pour ce qu'il représente : un hommage à 40 ans de jeu vidéo Nintendo, un jeu de combat accessible et profond, un phénomène social. Sept ans après, il est toujours pertinent, même si l'arrivée d'une nouvelle génération de consoles et de concurrents plus modernes le pousse vers la retraite. L'héritage est immense. Et on attend la suite avec impatience.




