On est en décembre 2018. La Nintendo Switch cartonne, portée par The Legend of Zelda: Breath of the Wild et Super Mario Odyssey. Et voilà que Masahiro Sakurai, le génie derrière la série, lâche ce qu'il présente comme le « crossover ultime ». Pas de promesse en l'air : Super Smash Bros. Ultimate veut rassembler absolument tous les personnages ayant jamais foulé un Smash. Un pari fou, presque arrogant, vu le bordel juridique que ça implique.
Sept ans plus tard, l'évidence crève les yeux : ce pari, Nintendo et Sora Ltd. l'ont gagné haut la main. Ultimate n'est pas juste un bon Smash. C'est une encyclopédie vivante du jeu vidéo, un monument de game design, et un pilier de la scène compétitive. Mais est-ce que tout a vieilli aussi bien que la Switch elle-même ? On rembobine.
Pour aller plus loin, retrouve toute notre couverture sur Super Smash Bros. Ultimate.
En bref
- Date de sortie : 7 décembre 2018 (mondial)
- Développeur : Sora Ltd., Bandai Namco Studios
- Éditeur : Nintendo
- Ventes estimées : plus de 34 millions d'unités (source : Nintendo, rapport fiscal annuel 2025)
- Nombre de combattants : 89 (dont 13 DLC, incluant Sora, le dernier ajout)
- Scène compétitive : toujours active, avec des tournois majeurs comme le Smash World Tour et le Genesis (source : compte X officiel @NintendoVS, mai 2026)
- Statut culturel : considéré comme le meilleur jeu de combat crossover de tous les temps par une large majorité de joueurs et de pros

Le pari de l'époque
Quand Sakurai annonce « tout le monde est là », il ne bluffe pas. Mais le défi est titanesque : ramener des personnages oubliés (Snake, Cloud, Ryu, Bayonetta) et en ajouter des nouveaux, tout en équilibrant un roster de 74 combattants de base. Le tout sur une console portable, la Switch, dont la puissance est loin d'une PS4 Pro.
Le studio Sora Ltd., épaulé par Bandai Namco, a dû négocier avec des dizaines d'éditeurs. Disney pour Sora (Kingdom Hearts) ? Un miracle. Microsoft pour Banjo & Kazooie ? Un autre. Chaque ajout DLC était un coup de poker, et à chaque fois, Nintendo a tenu ses promesses.

Ce qui a marché
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Un gameplay qui touche tout le monde
Le génie de Smash, c'est sa double lecture. Le joueur casual peut s'amuser avec un seul bouton et des coups spéciaux aléatoires. Le compétiteur, lui, exploite le dash dancing, les short hops, les techs et le spacing. Ultimate affine la formule de Smash 4 : le jeu est plus rapide, plus fluide, et chaque personnage a une identité forte. Les Fighters Pass ont offert des personnages aussi variés que Joker (Persona 5), Terry Bogard (Fatal Fury) ou Steve (Minecraft), chacun avec un moveset unique.
Le roster, tout simplement
Aucun autre jeu de combat n'a un roster aussi éclectique. 89 personnages, chacun avec ses propres animations, voix, et parfois ses propres mécaniques. C'est un travail de titan, et ça crée une diversité de gameplay inégalée. Que tu veuilles jouer un personnage technique (Sheik, Peach), un heavy (Bowser, Ganondorf), ou un zoner (Samus, Link), tu trouves ton bonheur.
Une scène compétitive toujours vivante
En 2026, Smash Ultimate reste un pilier des tournois. Le Genesis (tournoi majeur californien) attire encore des milliers de participants. Des joueurs pros comme MkLeo (Sparg0), acola ou Tweek continuent de repousser le meta. Les tournois en ligne via la Switch ont certes leurs limites (input lag), mais la communauté organise des centaines d'événements locaux chaque semaine.

Ce qui a vieilli
L'équilibrage, un chantier permanent
Avec 89 personnages, l'équilibrage est un cauchemar. Certains personnages sont clairement surpuissants (Pikachu, Joker, Steve avant les nerfs), d'autres quasi injouables en compétition (Little Mac, Ganondorf). Les patchs 13.0.1 et suivants ont amélioré les choses, mais la hiérarchie reste marquée. Nintendo n'a jamais publié de tier list officielle, mais les données des tournois parlent d'elles-mêmes.
Le online, toujours à la ramasse
C'est le point noir. Le netcode de Smash Ultimate utilise le delay-based (et non le rollback). Résultat : le moindre lag ruine l'expérience. En 2026, c'est inexcusable, surtout quand des jeux comme Guilty Gear Strive ou Street Fighter 6 montrent ce qu'un bon netcode apporte. La communauté a dû créer des solutions artisanales (Slippi pour Melee, mais rien pour Ultimate).
L'absence de mode histoire solide
World of Light, le mode aventure, est une immense carte de jeu de plateau. L'idée est sympa, mais ça manque de la narration ciselée d'un Subspace Emissary (Brawl). Beaucoup de joueurs l'ont trouvé répétitif. Un vrai mode histoire aurait donné une âme supplémentaire au jeu.

L'héritage aujourd'hui
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Super Smash Bros. Ultimate a changé la donne. Il a prouvé qu'un jeu de combat pouvait être à la fois un hommage et un jeu compétitif de haut niveau. Il a inspiré des crossovers comme Nickelodeon All-Star Brawl ou Multiversus, même si aucun n'a égalé sa qualité.
Mais son héritage le plus fort, c'est d'avoir créé une communauté mondiale unie par l'amour du jeu vidéo. Des gamins de 8 ans aux pros de 30 ans, tout le monde peut y jouer. C'est un jeu fédérateur, rare dans le paysage vidéoludique.
Nintendo n'a pas annoncé de suite. Masahiro Sakurai a pris sa retraite (du moins, il a arrêté la série après Ultimate). Mais le jeu continue de vivre grâce à sa communauté et aux tournois.

Pourquoi y revenir en 2026
Si tu n'as jamais touché à Smash Ultimate, fonce. Le jeu est toujours disponible, la communauté est accueillante, et il y a des centaines d'heures de contenu. Si tu es un ancien joueur, le retour est doux : le meta a évolué, de nouveaux tournois émergent, et les mods sur Switch hackée permettent même d'ajouter des personnages non officiels (Waluigi, Goku...).
Le jeu reste le meilleur point d'entrée dans la série, et sans doute le meilleur jeu de combat pour débutants. La courbe d'apprentissage est douce, mais le plafond est très haut.
L'avis du rédacteur
Je vais être honnête : Ultimate est mon Smash préféré. J'ai commencé sur Melee, adoré Brawl pour son mode aventure, mais Ultimate a tout : le roster, le gameplay, la durée de vie. Le online me fait chier, oui, mais en local, c'est une tuerie. Chaque personnage est une découverte, chaque match est unique. Si vous avez une Switch et des amis, c'est un achat obligatoire. Point.

Conclusion
Sept ans après, Super Smash Bros. Ultimate n'a pas pris une ride. Il reste le roi du crossover, un jeu de combat accessible et profond, et un hommage vibrant à l'histoire du jeu vidéo. Ses défauts (online, équilibrage) sont réels, mais ils n'entament pas son statut d'œuvre majeure. En attendant une hypothétique suite sur la Switch 2, Ultimate reste le passage obligé pour tout fan de jeu vidéo.
Et si Nintendo ne fait jamais de suite, ce ne sera pas grave. Ultimate est déjà le Smash ultime. Le titre n'a jamais aussi bien porté son nom.



