Décembre 2018. La Nintendo Switch règne déjà sur le marché, portée par Breath of the Wild et Odyssey. Mais un dernier géant se profile : Super Smash Bros. Ultimate. Nintendo promet l'impossible : réunir chaque combattant ayant jamais existé dans la série. Un pari fou, une déclaration d'amour à son propre catalogue. Et un jeu qui, sept ans plus tard, n'a pas pris une ride.
On pourrait croire qu'un jeu de baston multi-personnages finit par s'essouffler. Que les crossovers ont une date de péremption. Mais Ultimate a quelque chose de spécial. Une énergie, une précision, un amour du détail qui défie le temps. Alors, que reste-t-il du roi des crossover en 2026 ? Accroche-toi, on rembobine.
Pour aller plus loin, retrouve toute notre couverture sur Super Smash Bros. Ultimate.
En bref
- Date de sortie : 7 décembre 2018 sur Nintendo Switch
- Ventes : 31 millions d'exemplaires (chiffres officiels Nintendo, mars 2025)
- Roster : 89 personnages de base + DLC, le plus grand de la série
- Notes critiques : 93/100 (Metacritic, agrégateur de critiques, source interne)
- Statut actuel : toujours joué en compétition, communauté active, mèmes inoxydables

Le pari de l'époque
En 2018, Nintendo sort d'une Wii U compliquée. La Switch a redressé la barre, mais il faut un jeu fédérateur. Smash Bros a toujours été le ciment de la communauté Nintendo. Mais avec Ultimate, le studio Sora Ltd. et Bandai Namco décident de tout miser sur le roster.
Masahiro Sakurai, le créateur, annonce en juin 2018 : "Chaque combattant est de retour". Promesse tenue. Même les persos oubliés comme Pichu ou le Roi Dadidou reviennent. C'est un tour de force technique : faire cohabiter des dizaines de modèles, animations et équilibrages issus de quatre jeux différents.
Le pari est aussi économique : développer un tel crossover coûte cher. Mais Nintendo sait que les fans paieront pour voir Snake dialoguer avec Mario. Et ils ont raison.

Ce qui a marché
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Ultimate a réussi là où d'autres crossovers échouent : il respecte chaque licence. Les stages sont des hommages, les musiques sont des pépites, les interactions entre personnages sont truffées de clins d'œil. C'est un musée interactif du jeu vidéo.
Le gameplay, lui, est un compromis parfait entre accessibilité et profondeur. Tu peux jouer en famille sans connaître une seule technique avancée, mais le jeu recèle des mécaniques complexes (edgeguarding, parry, wave dash version Smash) qui font le bonheur des compétiteurs.

La scène esport a aussi trouvé son compte. Des tournois comme le Smash World Tour ou l'EVO ont vu des matchs légendaires entre MkLeo, Sparg0 ou Tweek. Le jeu a prouvé qu'un party game pouvait être un sport de haut niveau.
Ce qui a vieilli
Mais tout n'est pas parfait. La version Switch souffre d'un framerate perfectible en 8 joueurs. Les temps de chargement sont longs. Et surtout, l'absence de rollback netcode a longtemps plombé le jeu en ligne. Nintendo a fini par ajouter un mode en ligne amélioré en 2022, mais le mal était fait : la communauté PC a préféré émuler la version Wii U via Slippi.
Certains personnages sont aussi clairement déséquilibrés. Little Mac, par exemple, est quasi injouable à haut niveau. Et le système de règles en ligne reste opaque : tu peux tomber sur un joueur qui met des objets alors que tu cherches du 1v1 compétitif.

L'héritage aujourd'hui
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Ultimate a laissé une marque indélébile. Il a prouvé qu'un crossover pouvait être autre chose qu'un simple produit marketing. Chaque ajout de DLC était un événement : Joker de Persona 5, Banjo-Kazooie, Steve de Minecraft, Sora de Kingdom Hearts. Le dernier DLC, Sora, est sorti en octobre 2021, mais la communauté continue de créer des mods.
Le jeu a aussi inspiré toute une génération de joueurs à s'intéresser au game design, à l'équilibrage, à la physique des jeux de combat. Des sites comme Smashboards ou des chaînes YouTube comme Beefy Smash Doods analysent chaque frame.

Pourquoi y revenir en 2026
Parce que c'est toujours le meilleur jeu de baston pour jouer entre potes. Parce que le roster est si riche que chaque partie est différente. Parce que la scène compétitive est toujours vivante : des tournois comme le Smash Ultimate Summit continuent d'attirer les meilleurs joueurs. Et parce que Nintendo n'a toujours pas annoncé de suite.
On y revient aussi pour la bande-son : plus de 800 musiques, un hommage à l'histoire vidéoludique. Et pour le plaisir simple de balancer Bowser dans le vide après une journée de taf.

Alors vs Maintenant
| Aspect | 2018 | 2026 |
|---|---|---|
| Graphismes | 1080p docké, 720p portable | Toujours propre, mais daté face à Tekken 8 |
| Roster | 74 persos + 15 DLC prévus | 89 persos, plus aucun DLC officiel |
| Communauté en ligne | Active mais netcode médiocre | Communauté réduite mais fidèle, rollback sur émulateur |
| Prix | 59,99€ | 59,99€ (ne baisse jamais, Nintendo oblige) |
L'avis du rédacteur
J'adore ce jeu. Vraiment. C'est le jeu auquel je joue le plus en soirée, le seul qui fait hurler de rire des gens qui ne jouent jamais. Mais je ne peux pas ignorer ses défauts : le online est toujours à la ramasse, et l'équilibrage de certains personnages est franchement frustrant. Pourtant, chaque fois que je lance une partie, je retrouve cette étincelle. Ce petit truc que seul Smash sait provoquer. Un mélange de chaos, de skill et de nostalgie. Si tu ne l'as jamais essayé, fonce. Si tu l'as délaissé, il est temps de revenir.

Conclusion
Super Smash Bros. Ultimate n'est pas qu'un jeu : c'est une archive vivante du jeu vidéo. Un hommage jouable à quarante ans d'histoire. Sept ans après sa sortie, il reste le roi incontesté du crossover de baston. Et tant que Nintendo ne sortira pas de suite, il gardera sa couronne. En attendant, on continue de se battre sur l'Île du Drapeau. Pour toujours.




