Il y a un moment, dans Avowed, où tu te tiens au bord d'une falaise surplombant les Terres Vivantes. Le vent soulève les herbes violettes, une structure ancienne scintille au loin, et tu réalises que ce monde est un personnage à part entière. C'est là que le pari d'Obsidian prend tout son sens : nous offrir un RPG dense, écrit avec soin, sans les centaines de développeurs d'un Bethesda ou d'un CD Projekt.
Mais le chemin est semé d'embûches. Le studio derrière The Outer Worlds et Pillars of Eternity n'a jamais eu les moyens de ses ambitions AAA. Avec Avowed, il tente le grand saut : un monde ouvert (ou presque), une production premium, et une date de sortie calée au 22 février 2026 sur Xbox Series X|S et PC (Source : Xbox Wire). Alors, miracle ou mirage ? On a passé une cinquantaine d'heures dans ses contrées pour trancher.
La thèse est simple : Avowed est le meilleur jeu d'Obsidian depuis The Outer Worlds, mais il révèle aussi les limites d'un studio qui n'a pas encore les épaules pour rivaliser avec les géants du genre. C'est un RPG qui embrasse ses forces — l'écriture, les choix, la liberté — tout en butant sur les exigences techniques du AAA moderne. Et c'est très bien comme ça.
En bref
- Avowed sort le 22 février 2026 sur Xbox Series X|S et PC, day one Game Pass.
- Un RPG à la première personne dans l'univers d'Eora, celui de Pillars of Eternity.
- La durée de vie oscille entre 40 et 60 heures pour la quête principale, 80 à 100 heures pour le 100%.
- Obsidian mise tout sur les choix narratifs et les builds variés (classes, compétences, équipement).
- Technique correcte mais pas à la hauteur du AAA : framerate 30 fps sur Xbox Series X en mode qualité, quelques bugs mineurs.
- Un jeu qui assume ses racines de cRPG tout en les adaptant à l'action-RPG.

L'héritage d'Eora : un lore qui compte
Obsidian ne part pas de zéro. Avowed se déroule dans le même univers que Pillars of Eternity, et ça se sent. Les Terres Vivantes sont imprégnées d'une histoire millénaire, de dieux morts et de conflits politiques. Dès les premières minutes, on croise des références aux âmes, aux dieux oubliés et à la peste d'Âmes. C'est dense, mais jamais indigeste.

Le jeu réussit ce tour de force : il explique son lore via des dialogues naturels et des textes d'ambiance, sans jamais noyer le joueur. Les fans de la première heure retrouveront des clins d'œil (un certain dieu de la flamme, des factions connues), mais les nouveaux venus ne seront pas perdus. C'est une leçon de narration.
Une écriture qui fait la différence
Là où Avowed brille, c'est dans ses dialogues. Obsidian a toujours eu une plume acérée, et c'est encore le cas ici. Les personnages sont nuancés, les factions ont des motivations crédibles, et chaque choix narratif a des conséquences visibles. On pense à The Outer Worlds, mais en plus sérieux, moins potache.
Exemple marquant : une quête secondaire dans la ville de Paradis te confronte à un choix cornélien entre sauver un groupe d'enfants ou récupérer un artefact ancien. Pas de bonne réponse, juste des répercussions qui se feront sentir 20 heures plus tard. C'est du Obsidian pur jus.
Gameplay : la boucle qui accroche
À lire aussi : Avowed : le CRPG d'Obsidian entre promesses et compromis.
Le gameplay d'Avowed repose sur une boucle classique mais efficace : exploration → combat → récompense → amélioration. Le tout en vue à la première personne, avec la possibilité d'équiper deux armes en simultané (épée + grimoire, arc + dague, etc.) et de basculer entre deux sets en plein combat. C'est fluide, nerveux, et ça rappelle un Skyrim plus réactif.

Builds et liberté
C'est le cœur du RPG : les builds. Avowed offre une grande liberté grâce à un système de compétences sans classe figée. Tu peux investir des points dans la magie, le combat à l'épée, le tir à l'arc, ou la furtivité, et tout mélanger. Résultat : un guerrier-mage furtif est parfaitement viable. Les arbres de compétences sont lisibles, avec des paliers débloquant des capacités spectaculaires (comme la téléportation ou une tempête de glace).
| Compétence | Effet | Coût (points) | Prérequis |
|---|---|---|---|
| Téléportation | Déplacement instantané sur 10m | 2 | Niveau 5 |
| Tempête de glace | Zone AOE gelante, ralentit 50% | 3 | Niveau 8 + Maîtrise Glace 2 |
| Frappe spectrale | Attaque physique + dégâts d'âme | 1 | Niveau 3 |
| Murmure des ombres | Invisibilité 10 sec, coût en endurance | 2 | Niveau 6 + Furtivité 2 |
Cette liberté a un prix : certains builds sont clairement moins optimisés (la furtivité pure est peu récompensée en donjon), mais l'essentiel est là. On peut refaire le jeu avec une approche complètement différente.
Level design : le point faible
Si le gameplay est solide, le level design, lui, déçoit. Les donjons sont souvent linéaires, avec peu de chemins alternatifs. On avance, on tue, on récupère un coffre, on ressort. Rares sont les moments où l'on peut vraiment explorer un espace labyrinthique. Comparé à un Elden Ring ou même à un Skyrim, c'est le jour et la nuit.
C'est d'autant plus frustrant que le monde est magnifique (direction artistique superbe) et que l'on voudrait s'y perdre. Mais les couloirs sont trop balisés, les raccourcis trop rares. On sent qu'Obsidian a dû faire des compromis budgétaires.
Technique : le talon d'Achille
Parlons technique. Sur Xbox Series X, Avowed tourne en 30 fps en mode qualité (1440p upscalé) et 60 fps en mode performance (1080p dynamique). Les textures sont correctes, les effets de lumière parfois impressionnants, mais le tout manque de polish. On note des chutes de framerate en zone urbaine, des temps de chargement un peu longs (8 à 12 secondes) et quelques bugs de collision.
| Mode | Résolution | Framerate | Détails |
|---|---|---|---|
| Qualité | 1440p (upscalé 4K) | 30 fps | Ombres élevées, distance d'affichage max |
| Performance | 1080p dynamique | 60 fps | Ombres moyennes, distance réduite |
| PC (Ultra) | 4K natif | 60-120 fps selon config | Tous les effets max, ray tracing optionnel |
Rien de rédhibitoire, mais pour un jeu présenté comme AAA, on attendait mieux. Les développeurs ont promis un patch day one (Source : Xbox Wire), mais sur notre version de pré-lancement, c'est perfectible.
Notre analyse
Avowed est un bon RPG, peut-être même un très bon. Mais il n'est pas le chef-d'œuvre que certains espéraient. Obsidian a visé juste sur l'essentiel — l'écriture, les choix, la liberté de build — mais a dû rogner sur les détails techniques et le level design. C'est un compromis acceptable, surtout pour un jeu disponible day one sur Game Pass. On aurait aimé plus d'ambition, mais on respecte le résultat.

Comparaison avec les références du genre
À lire aussi : Avowed : la promesse Obsidian à l'épreuve du RPG AAA.
Comment Avowed se positionne-t-il face à ses concurrents ? On a pris trois poids lourds : Skyrim (référence du RPG action en monde ouvert), The Witcher 3 (narration et choix), et Elden Ring (exploration et level design).
| Critère | Avowed | Skyrim | The Witcher 3 | Elden Ring |
|---|---|---|---|---|
| Liberté de build | 8/10 | 9/10 | 4/10 | 7/10 |
| Qualité d'écriture | 9/10 | 7/10 | 10/10 | 6/10 |
| Level design | 6/10 | 8/10 | 8/10 | 10/10 |
| Technique | 7/10 | 6/10 | 8/10 | 9/10 |
| Durée de vie | 40-100h | 30-200h | 50-150h | 50-150h |
Le constat : Avowed surpasse Skyrim en écriture, mais ne rivalise pas avec Elden Ring en exploration. C'est un RPG qui mise sur l'intelligence plutôt que sur l'immensité.

Faut-il craquer pour Avowed ?
Pour qui ?
- Oui si : tu aimes les RPG narratifs avec des choix qui comptent, l'univers d'Eora, et les jeux Obsidian.
- Oui si : tu as un Game Pass, car le jeu est inclus sans surcoût.
- Non si : tu cherches un monde ouvert à la Elden Ring avec une exploration verticale et des secrets partout.
- Non si : la technique et les 30 fps sur console te rebutent.

Conclusion
Avowed n'est pas le RPG de la décennie. C'est un bon jeu, parfois même excellent dans ses dialogues et sa liberté de build, mais qui bute sur les exigences du AAA moderne. Obsidian a fait ce qu'il sait faire de mieux : écrire, proposer des choix, et laisser le joueur façonner son personnage. Le reste — technique, level design — est en retrait.
Mais c'est aussi ça, la beauté du jeu vidéo : un studio peut viser haut avec des moyens limités et offrir une expérience mémorable. Avowed ne réinvente pas le genre, mais il le sert avec une intelligence rare. Et ça, ça mérite qu'on s'y attarde. Rendez-vous dans les Terres Vivantes.




